passe pour blâmable et que l’acte blâmable soit tenu pour louable ; il sème la corruption tout en se persuadant qu’il répare ; il détourne les gens du sentier d’Allah alors qu’il se figure les y appeler¹ ; il échange la guidée contre l’égarement tout en croyant être guidé ; il suit ses passions² tout en prétendant obéir à son Maître. Tout cela fait partie des châtiments que les péchés infligent aux cœurs.
Parmi ces châtiments se trouve aussi le voile qui, dans ce monde, sépare le cœur de son Seigneur, et le voile plus grand encore, le Jour de la Résurrection, ainsi qu’Allah, exalté soit-Il, le dit : « Pas du tout ! Ce qu’ils ont acquis a formé sur leurs cœurs une rouille. Pas du tout ! Ce jour-là, ils seront, certes, voilés de leur Seigneur. » (sourate 83, versets 14-15).
Les péchés les ont donc empêchés de parcourir la distance qui les sépare de leurs propres cœurs ; ils ne peuvent plus les atteindre pour discerner ce qui les répare et les purifie, et ce qui les corrompt et les voue au malheur. De même, ils n’ont pu franchir la distance qui sépare leurs cœurs de leur Seigneur pour que ceux-ci Le rejoignent, jouissent de Sa proximité et de Son honneur, s’en réjouissent et y trouvent leur quiétude. Les péchés se sont dressés comme un voile entre eux et leurs cœurs, et comme un voile entre eux et leur Seigneur et Créateur.
Relèvent encore de ces châtiments la vie étroite ici-bas et dans le barzakh, ainsi que le supplice dans l’au-delà. Allah — exalté soit-Il — déclare : « Quiconque se détourne de Mon rappel aura certes une vie pénible, et Nous le ressusciterons, au Jour de la Résurrection, aveugle. » (sourate Tâ-Hâ, verset 124).
Cette « vie pénible » a été interprétée comme le châtiment de la tombe, et il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’une forme de vie…