le cœur de l’hypocrite ; et enfin un cœur que nourrissent deux courants, l’un de foi et l’autre d’hypocrisie, et il penche vers celui qui l’emporte sur lui(1).
Parmi ces châtiments, il y a encore l’indolence qui décourage de l’obéissance et cloue l’homme sur place.
Il y a aussi le fait que le cœur devienne sourd, incapable d’entendre la vérité, muet, incapable de la proférer, et aveugle, incapable de la voir ; le rapport entre un tel cœur et la vérité — laquelle seule pourrait lui être profitable — devient alors semblable à celui qui existe entre l’oreille d’un sourd et les sons, l’œil d’un aveugle et les couleurs, ou la langue d’un muet et les paroles.
On comprend ainsi(2) que la surdité, le mutisme et la cécité concernent d’abord et réellement le cœur, et ne frappent les membres que de façon accidentelle et secondaire. Allah — exalté soit-Il — dit : « Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais les cœurs qui se trouvent dans les poitrines » (22 : 46). Il ne s’agit pas de nier la cécité physique des yeux — Allah a pourtant dit : « Il n’y a pas de faute pour l’aveugle » (24 : 61), et : « Il se renfrogna et se détourna lorsque l’aveugle vint à lui » (80 : 1-2) — ; mais de souligner que la véritable et totale cécité est celle du cœur, au point que la cécité de l’œil, à côté d’elle, n’est presque rien, si bien qu’on peut l’écarter en regard de la perfection et de la puissance de la vision intérieure.
C’est dans ce sens que le Prophète ﷺ a dit(3) : « Le fort n’est pas celui qui terrasse l’adversaire, mais celui qui se maîtrise lorsqu’il se met en colère »(4). Et il a dit encore : « Le pauvre n’est pas celui qui parcourt les gens et qu’une ou deux bouchées renvoient, mais… »