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Parmi les châtiments que les péchés infligent au serviteur figure le fait qu’ils attirent sur lui, dans ce monde comme dans l’autre, les causes mêmes de sa perte.
Les péchés, en effet, sont pareils à des maladies : dès qu’elles se sont enracinées, elles finissent inévitablement par tuer. Or, de même que le corps ne demeure sain qu’à la faveur :
– d’une nourriture qui entretient sa vigueur ;
– d’une purge qui expulse les matières viciées et les humeurs délétères dont la prédominance le détruirait ;
– et d’une diète qui lui fait éviter ce qui peut le léser et dont il redoute le dommage ;
ainsi le cœur n’atteint sa pleine vitalité qu’avec :
– une nourriture faite de foi et de bonnes œuvres qui préserve sa force ;
– une purge, la repentance sincère, qui rejette les matières corrompues et les humeurs malsaines ;
– et une diète protectrice qui maintient la santé et écarte tout ce qui la contredit, diète qui consiste précisément à renoncer à ce qui lui nuit.
Le terme taqwâ (la piété vigilante) englobe ces trois éléments ; toute lacune dans l’un d’eux se traduit par une lacune équivalente dans la taqwâ.
Il est donc manifeste que les péchés s’opposent frontalement à ces trois facteurs : ils attirent les éléments nuisibles, instaurent un désordre contraire à la diète et empêchent l’évacuation produite par la repentance sincère.
Considère un corps malade, alourdi par l’accumulation d’humeurs nocives et de substances morbides, qui ne les expulse pas et ne s’en prémunit pas : quelle santé, quel avenir peut-on encore lui espérer ? Et le poète l’a fort bien exprimé :