…de n’y faire pénétrer que le faux, car il est léger pour l’âme ; celle-ci s’en délecte et le trouve agréable. Choisissez-lui les expressions les plus suaves, les plus ensorcelantes pour l’esprit, et mêlez-le intimement à ce que convoitent les passions. Glissez-lui une parole ; si vous voyez qu’il y prête l’oreille, talonnez-la aussitôt de ses sœurs. Et chaque fois que vous surprenez chez lui un signe d’adhésion, rabâchez-lui ce même thème.
Mais prenez garde qu’il ne s’introduise par cette brèche la moindre parole d’Allah, de Son Messager — sur lui la prière et la paix — ou des conseillers sincères ! Si toutefois vous êtes débordés et qu’il en pénètre quelque chose, dressez aussitôt un écran entre lui et la compréhension, la méditation, la réflexion et l’exhortation qu’il pourrait en tirer : tantôt en lui insinuant le contraire, tantôt en dramatisant la chose et en la grossissant — « c’est un domaine devenu inaccessible aux âmes, elles n’y ont point d’accès ; c’est un fardeau trop lourd pour elles », et autres propos du même genre —, tantôt encore en la dépréciant : « il est plus urgent de se consacrer à ce que les hommes tiennent pour plus élevé, plus précieux, plus rare, et qui attire un public bien plus large ». Quant à la vérité, elle, demeure abandonnée,