Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Tout cela n’est, au fond, que la conséquence des péchés et des transgressions. Songe à l’homme qui dispose d’une armée chargée de repousser l’ennemi ; il néglige pourtant ses soldats, les abandonne, les affaiblit, rompt tout lien avec eux, puis, lorsque l’ennemi fond sur lui, il exige d’eux qu’ils dépensent toutes leurs forces pour le défendre alors qu’ils n’en ont plus la moindre !

Plus grave encore – et c’est plus redoutable, plus funeste et plus amer – il arrive que le cœur et la langue trahissent l’homme à l’instant de l’agonie, lorsqu’il s’apprête à retourner vers Allah : il se peut qu’il lui devienne impossible de prononcer la shahâda, l’attestation « Il n’y a de divinité digne d’adoration si ce n’est Allah ». Beaucoup ont été témoins de ce fléau chez des mourants. On dit à l’un d’eux : « Dis : Il n’y a de divinité digne d’adoration si ce n’est Allah ! » ; il répondit : « Ah ! Ah ! Je ne puis la dire ! »

À un autre on adressa la même exhortation ; il s’écria : « Échec ! Tour… je t’ai battu ! » puis il rendit l’âme.

À un troisième on répéta l’invitation ; il récita ce vers :
« Ô toi qui, un jour, lasse, demandas :
– Quel est donc le chemin qui mène au hammam Minjâb ? »
et il expira aussitôt.

(1) Dans le manuscrit S : « comme celui qui n’a pas de soldats » ; variante erronée. (2) Dans le manuscrit S : « qu’il ». (3) Dans le manuscrit Z : « témoigna ». (4) Le shah et le rukh sont des pièces du jeu d’échecs. (5) Dans le manuscrit S : « Où est le chemin ? » Une note marginale renvoie à cette variante. Le hammam de Minjab, situé à Bassora, est attribué à Minjab ibn Rachid al-Dabbi. C’est ce qu’indique Ibn Qutayba dans Al-Ma'arif, p. 614 ; on trouve la même information dans Mu'jam al-buldan, vol. 2, p. 299. Selon al-Thaalibi, dans Thimar al-qulub, p. 318, le hammam en question appartenait à une femme appelée Minjab ! (6) Kitab al-muhtadarin, p. 178 ; Al-Ta'azi wa-l-marathi, p. 252. Voir également Muhadarat al-udaba =
وهذا كلّه أثر الذنوب والمعاصي، كمن له جند (١) يدفعون عنه الأعداء، فأهمل جنده، وضيّعهم، وأضعفهم، وقطع أخبارهم، ثم أراد منهم عند هجوم العدو عليه أن يستفرغوا وسعَهم في الدفع عنه بغير قوة! هذا، وثَمَّ أمرٌ أخوَفُ من ذلك وأدهى منه وأمرّ، وهو أن (٢) يخونه قلبُه ولسانُه عند الاحتضار والانتقال إلى الله تعالى، فربما تعذر عليه النطق بالشهادة، كما شاهد (٣) الناسُ كثيرًا من المحتضرين أصابهم ذلك، حتّى قيل لبعضهم: قل: لا إله إلا الله، فقال: آه! آه! لا أستطيع أن أقولها! وقيل لآخر: قل: لا إله إلا الله فقال: شاه، رخُّ (٤)، غلبتك. ثم قضى. وقيل لآخر: قل: لا إله إلا الله، فقال: يا رُبَّ قائلةٍ يومًا وقد تعبَتْ … كيفَ الطريقُ إلى حمّام مِنجابِ (٥) ثم قضى (٦).
(١) س: "كمن ليس له جند"، خطأ. (٢) س: "أنه". (٣) ز: "شهد". (٤) الشاه والرُّخّ من قطع الشطرنج. (٥) س: "أين الطريق"، وفي الحاشية أشير إلى هذه النسخة. و"حمّام منجاب" بالبصرة منسوب إلى منجاب بن راشد الضبيّ. قاله ابن قتيبة في المعارف (٦١٤)، وكذا في معجم البلدان (٢/ ٢٩٩). وقال الثعالبي في ثمار القلوب (٣١٨) إن الحمام المذكور كان لامرأة اسمها منجاب! (٦) كتاب المحتضرين (١٧٨)، التعازي والمراثي (٢٥٢). وانظر محاضرات الأدباء =

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