Tout cela n’est, au fond, que la conséquence des péchés et des transgressions. Songe à l’homme qui dispose d’une armée chargée de repousser l’ennemi ; il néglige pourtant ses soldats, les abandonne, les affaiblit, rompt tout lien avec eux, puis, lorsque l’ennemi fond sur lui, il exige d’eux qu’ils dépensent toutes leurs forces pour le défendre alors qu’ils n’en ont plus la moindre !
Plus grave encore – et c’est plus redoutable, plus funeste et plus amer – il arrive que le cœur et la langue trahissent l’homme à l’instant de l’agonie, lorsqu’il s’apprête à retourner vers Allah : il se peut qu’il lui devienne impossible de prononcer la shahâda, l’attestation « Il n’y a de divinité digne d’adoration si ce n’est Allah ». Beaucoup ont été témoins de ce fléau chez des mourants. On dit à l’un d’eux : « Dis : Il n’y a de divinité digne d’adoration si ce n’est Allah ! » ; il répondit : « Ah ! Ah ! Je ne puis la dire ! »
À un autre on adressa la même exhortation ; il s’écria : « Échec ! Tour… je t’ai battu ! » puis il rendit l’âme.
À un troisième on répéta l’invitation ; il récita ce vers :
« Ô toi qui, un jour, lasse, demandas :
– Quel est donc le chemin qui mène au hammam Minjâb ? »
et il expira aussitôt.