Cependant, une grave méprise guette ici les âmes : il se peut que le serviteur chute d’un abaissement si profond — plus profond encore que la distance qui sépare l’Orient de l’Occident, ou celle qui sépare le ciel de la terre — qu’une remontée de mille degrés ne saurait compenser cette seule dégringolade. Il est rapporté dans un hadith authentique que le Prophète ﷺ a dit : « Il arrive qu’un serviteur prononce une seule parole, sans y prêter attention, et qu’à cause d’elle il s’enfonce dans le Feu au-delà de la distance qui sépare l’Orient de l’Occident. » Quel progrès pourrait donc égaler une pareille chute ?
Le fait de déchoir est inhérent à l’homme. Certains, toutefois, ne tombent que dans la négligence ; dès qu’ils s’éveillent de leur insouciance, ils retrouvent leur degré — voire s’élèvent au-dessus — en fonction de la vigueur de leur réveil.
D’autres descendent vers une chose licite qu’ils n’entendent pas utiliser comme soutien à l’obéissance. Lorsqu’ils reviennent ensuite à l’obéissance, il se peut qu’ils regagnent leur rang, qu’ils n’y parviennent pas ou qu’ils s’élèvent au-delà ; car il arrive qu’ils reviennent animés d’une ambition plus haute qu’auparavant, d’une ambition plus faible, ou d’une ambition identique à celle qu’ils avaient.