…fera alors tout ce qu’il voudra parmi les turpitudes, car c’est la pudeur qui pousse à les délaisser ; lorsqu’il n’y a plus en lui de pudeur pour le retenir des turpitudes, il les commet. Telle est l’explication donnée par Abû ‘Ubayd.
La seconde interprétation est la suivante : si, devant Allah, tu n’as pas honte d’un acte, accomplis-le ; ce qu’il convient de délaisser, c’est uniquement ce dont on a honte devant Allah. Tel est le commentaire de l’imâm Ahmad dans la version rapportée par Ibn Hânî.
Selon la première lecture, il s’agit donc d’une menace, à l’instar de la parole divine : « Œuvrez donc comme il vous plaît » (Fussilat, 40) ; selon la seconde, il s’agit d’une autorisation et d’un acquiescement.
S’il est objecté : peut-on retenir les deux sens simultanément ? Je réponds : non, même pour celui qui soutient qu’un terme polysémique englobe toutes ses significations, en raison de l’incompatibilité qui existe entre autorisation et menace ; toutefois, prendre en considération l’un des deux sens implique nécessairement de tenir compte de l’autre.
En somme, les péchés affaiblissent la pudeur du serviteur jusqu’à ce qu’il puisse s’en dépouiller totalement ; il arrive alors qu’il ne soit nullement affecté par le fait que les gens connaissent sa mauvaise situation ou la découvrent. Bien au contraire, nombreux sont ceux qui vont jusqu’à divulguer eux-mêmes l’état qui est le leur et la laideur de ce qu’ils commettent, et ce qui les y pousse…