Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

…fera alors tout ce qu’il voudra parmi les turpitudes, car c’est la pudeur qui pousse à les délaisser ; lorsqu’il n’y a plus en lui de pudeur pour le retenir des turpitudes, il les commet. Telle est l’explication donnée par Abû ‘Ubayd.

La seconde interprétation est la suivante : si, devant Allah, tu n’as pas honte d’un acte, accomplis-le ; ce qu’il convient de délaisser, c’est uniquement ce dont on a honte devant Allah. Tel est le commentaire de l’imâm Ahmad dans la version rapportée par Ibn Hânî.

Selon la première lecture, il s’agit donc d’une menace, à l’instar de la parole divine : « Œuvrez donc comme il vous plaît » (Fussilat, 40) ; selon la seconde, il s’agit d’une autorisation et d’un acquiescement.

S’il est objecté : peut-on retenir les deux sens simultanément ? Je réponds : non, même pour celui qui soutient qu’un terme polysémique englobe toutes ses significations, en raison de l’incompatibilité qui existe entre autorisation et menace ; toutefois, prendre en considération l’un des deux sens implique nécessairement de tenir compte de l’autre.

En somme, les péchés affaiblissent la pudeur du serviteur jusqu’à ce qu’il puisse s’en dépouiller totalement ; il arrive alors qu’il ne soit nullement affecté par le fait que les gens connaissent sa mauvaise situation ou la découvrent. Bien au contraire, nombreux sont ceux qui vont jusqu’à divulguer eux-mêmes l’état qui est le leur et la laideur de ce qu’ils commettent, et ce qui les y pousse…

(1) F et L : « il souhaite ». (2) C’est-à-dire : cela lui suffit. Dans F : « cela l’en détourne ». (3) Voir *Gharib al-hadith*, vol. 2, p. 330. (4) S et L : « il n’éprouve pas de pudeur ». (5) Le terme « qui » est omis dans Z. (6) La phrase « fais-le… devant Allah » est omise dans L. (7) S ajoute : « Cette interprétation est attribuée à l’imam Ahmad selon une transmission… » Je ne l’ai pas retrouvée dans l’édition imprimée des *Questions d’Ibn Haniʾ*. (8) La phrase « et par le fait qu’ils les voient… son état » est omise dans F. (9) Tous les manuscrits, à l’exception de F, portent : « qabh » (laideur).
يصنع ما شاء (١) من القبائح، إذ الحامل على تركها الحياء، فإذا لم يكن هناك حياء يزَعُه (٢) من القبائح، فإنّه يواقعها. وهذا تفسير أبي عبيد (٣). والثاني: أنّ الفعلَ إذا لم تستح (٤) منه من الله فافعله، وإنما الذي (٥) ينبغي تركه ما يستحى منه من الله (٦). وهذا تفسير الإِمام أحمد في رواية ابن هانئ (٧). فعلى الأول يكون تهديدًا، كقوله: ﴿اعْمَلُوا مَا شِئْتُمْ﴾ [فصلت: ٤٠]، وعلى الثاني يكون إذنًا وإباحةً. فإن قيل: فهل من سبيل إلى حمله على المعنيين؟ قلت: لا، ولا على قول من يحمل المشترك على جميع معانيه، لما بين الإباحة والتهديد من المنافاة، ولكن اعتبار أحد المعنيين يوجب اعتبار الآخر. والمقصود أنّ الذنوب تُضْعِف الحياء من العبد حتى ربّما انسلخ منه بالكلية، حتى إنّه ربما لا يتأثر بعلم الناس بسوء حاله ولا باطلاعهم عليه، بل كثير منهم يخبر عن حاله (٨) وقبيح (٩) ما يفعله، والحامل له
(١) ف، ل: "يشاء". (٢) أي يكفه. وفي ف: "يزعجه". (٣) غريب الحديث (٢/ ٣٣٠). (٤) س، ل: "لم يستحي". (٥) "الذي" ساقط من ز. (٦) "فافعله … من الله" ساقط من ل. (٧) س: "التفسير للإمام أحمد رواية … ". ولم أجده في المطبوع من مسائل ابن هانئ. (٨) "ولا باطلاعهم … حاله" ساقط من ف. (٩) ما عدا ف: "قبح".

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