armé d’un crochet (1) de fer ; il se plaçait alors d’un côté de son visage et lui lacérait la commissure des lèvres (2) jusqu’à la nuque, puis la narine jusqu’à la nuque, puis l’œil jusqu’à la nuque. Ensuite il se tournait vers l’autre côté et lui infligeait le même supplice que pour le premier. À peine avait-il achevé ce côté que celui-ci retrouvait son état initial ; il revenait alors et lui faisait subir de nouveau le même tourment (3) qu’à la première fois. Je dis : « Gloire à Allah ! Qui sont donc ces deux-là (4) ? » — « Avance, avance ! » répondirent-ils.
Nous repartîmes donc et parvînmes devant quelque chose qui ressemblait à un four (tannûr) ; on y percevait un tumulte et des voix confuses (5). Nous y jetâmes un coup d’œil ; il s’y trouvait des hommes et des femmes nus, et une flamme surgissait de dessous eux ; lorsqu’elle les atteignait, ils poussaient des hurlements étouffés (6). Je demandai : « Qui sont ceux-là (7) ? » Ils répondirent : « Avance, avance ! »
Nous poursuivîmes notre route et arrivâmes à un fleuve rouge comme du sang (8). Au milieu du fleuve nageait un homme, tandis que, sur la berge, un autre avait amassé quantité de pierres. Le nageur avançait tant qu’il pouvait, puis venait vers celui (9) qui gardait les pierres (10) ; il ouvrait la bouche et l’autre y introduisait un caillou, après quoi le nageur s’en allait, reprenait sa nage, puis…