d’une nuit obscure et impénétrable lorsqu’elle atteint son comble. Ainsi, la noirceur du péché envahit son cœur comme l’obscurité sensible enveloppe la vue. L’obéissance, en effet, est lumière, tandis que la désobéissance est ténèbres ; plus ces ténèbres s’intensifient, plus sa confusion augmente, jusqu’à le précipiter dans les innovations blâmables, les égarements et les causes de perdition, sans qu’il s’en aperçoive, tel un aveugle qui s’aventure seul par une nuit noire. Cette obscurité se renforce au point de transparaître d’abord dans son regard, puis de gagner tout son visage, où elle devient une noirceur visible de tous (1).
Ibn ʿAbbâs (2) a dit : « La bonne action apporte une clarté sur le visage, une lumière dans le cœur, une aisance dans la subsistance, une vigueur dans le corps et l’amour des créatures. Quant à la mauvaise action, elle jette une noirceur sur le visage, une obscurité dans le cœur, une faiblesse dans le corps, une diminution de subsistance et la haine dans le cœur des créatures (3). »
(1) Dans la version Z : « sur le visage ».
(2) Comparer avec ce que l’auteur rapporte d’Ibn Abbas et d’Anas dans Rawdat al-muhibbin, p. 586.
(3) Je n’ai pas retrouvé cette formulation. Une version comparable est rapportée d’al-Hasan al-Basri, de Malik ibn Dinar, d’Ibrahim ibn Adham et d’Anas ibn Malik, sous forme de hadith attribué au Prophète.
Concernant al-Hasan, Ibn Abi al-Dunya la rapporte dans al-Tawba (nos 197 et 193), ainsi qu’al-Bayhaqi dans Shuab al-iman (no 6826), entre autres, avec la formulation suivante : « Lorsqu’un homme accomplit une bonne action, celle-ci devient une lumière dans son cœur et une force dans son corps. Lorsqu’il commet une mauvaise action, celle-ci devient une obscurité dans son cœur et une faiblesse dans son corps. » Telle est la version d’Ibn Abi al-Dunya, dont la chaîne de transmission est authentique.
Quant à Malik ibn Dinar, Ahmad rapporte ses propos dans al-Zuhd (no 1876) : « Allah — Très-Haut — inflige des châtiments aux cœurs et aux corps, une vie pénible, une diminution de la subsistance et une faiblesse dans l’adoration. »
Quant à Ibrahim ibn Adham, il disait : « Les péchés entraînent une faiblesse de la force et une obscurité dans le cœur, tandis que les bonnes actions procurent une force au corps et une lumière au cœur. » Al-Bayhaqi le rapporte dans Shuab al-iman (no 6827).
Quant au hadith d’Anas ibn Malik, Ibn Abi Hatim le mentionne dans al-Ilal (no 1909) et déclare : « C’est un hadith munkar, et Abu Sufyan est inconnu. »