L’origine de cet ouvrage fut une consultation adressée à son auteur : on le questionna au sujet d’un homme éprouvé par une calamité qui, si elle se prolongeait, ruinerait sa vie d’ici-bas comme son au-delà. L’intéressé avait tout entrepris pour s’en libérer, sans qu’il en résulte autre chose qu’une ardeur et une violence accrues. Devant la gravité du cas et l’ampleur du fléau, le répondant estima qu’en cette matière la précision l’emportait sur la concision ; le devoir de conseil envers le demandeur, par compassion pour lui et pour ceux qui se trouvent dans la même situation, imposait de passer en revue les causes du mal, ses conséquences dévastatrices, ainsi que les voies de la prévention et du salut.
Il rédigea donc de précieux chapitres portant sur l’invocation, les conditions de son exaucement et les obstacles qui en annihilent les effets ; sur la différence entre avoir une bonne opinion d’Allah et se bercer d’illusions quant à Sa miséricorde ; sur les méfaits des désobéissances, leurs répercussions dans la vie des individus et des nations, et les châtiments qu’elles entraînent ici-bas et dans l’au-delà ; sur la réalité de l’adoration vouée à Allah et du polythéisme (shirk), ainsi que sur la raison pour laquelle l’association n’est pas pardonnée à l’instar des autres péchés ; sur l’antagonisme de la passion pour les images avec l’unicité divine (tawḥîd) et sur ses autres corruptions, immédiates ou futures. Ainsi, la réponse à cette unique question se mua en un livre détaillé.
Si la société au sein de laquelle vécut l’auteur — qu’Allah lui fasse miséricorde — avait besoin de cet ouvrage, malgré l’attachement qu’elle conservait à la religion, à la morale et aux bonnes manières, nos sociétés y sont, quant à elles, bien plus nécessiteuses. Les causes de corruption y bouillonnent depuis que les égarés, dans nombre de pays musulmans, ont réussi, sous des slogans trompeurs, à pousser la femme musulmane à ôter son voile et à se mêler aux hommes ; le convenable y est devenu blâmable et le blâmable, recommandable. Les frères des démons ont ensuite redoublé d’ingéniosité pour inventer de nouveaux moyens d’exciter l’instinct sexuel et de propager l’immoralité chez ceux qui ont cru, conscients que la déchéance morale est la voie la plus rapide pour anéantir la communauté — et Allah est notre seul soutien.
Le livre fut publié pour la première fois en Inde en 1357 H, puis imprimé en Égypte,