Ad-Dâʾ wa-ad-DawâʾIbn al-Qayyim

Quand à la faiblesse du savoir s’ajoute l’absence de sa présence intérieure – son effacement du cœur durant une grande partie, sinon la plupart, de ses instants, parce que celui-ci se trouve absorbé par ce qui le contredit – et que viennent encore se greffer les exigences de la nature, la prépondérance des passions, l’emprise du désir, les suggestions de l’ego, les tromperies du Diable, le sentiment que la promesse tarde, l’étendue des espérances, la torpeur de la négligence, l’amour de l’immédiat, les facilités qu’on s’octroie par des interprétations accommodantes et la familiarité des habitudes, alors, en pareil cas, il n’est de force pour maintenir la foi que Celui qui retient les cieux et la terre afin qu’ils ne s’effondrent pas.

C’est pour cette raison (1) que les hommes diffèrent dans la foi, au point qu’elle peut descendre jusqu’au plus infime (2) poids d’un atome dans le cœur (3).

La somme de toutes ces causes (4) se ramène à la faiblesse de la clairvoyance et de la patience (5). C’est pourquoi Allah – exalté soit-Il – a loué les gens de patience (6) et de certitude, les érigeant en guides de la religion : « Nous fîmes parmi eux des imâms qui guidaient par Notre ordre, parce qu’ils avaient enduré avec patience et qu’ils étaient convaincus de Nos signes. » (sourate as-Sajda, v. 24).

= Dans *Tarikh Baghdad* (3/418). Il s’agit d’un hadith munkar, comptant parmi les narrations munkar de Muhammad ibn Muhammad ibn Marzuq al-Bahili. Ibn Adi a dit : « Je n’ai pas vu, parmi les narrations d’Ibn Marzuq, de plus répréhensibles que ces deux hadiths — celui-ci et un autre concernant le jeûne. C’est un transmetteur de fiabilité moyenne, tandis que son père, Muhammad ibn Marzuq, est digne de confiance. » Voir également : *Tahdhib al-Kamal* (16/385). (Z) (1) S : « Et pour cette raison. » (2) Le mot « adna » apparaît une seule fois dans F. (3) Les mots « al-nas… dharra fi » sont omis dans L, ainsi que dans Kha. (4) Z : « revient ». L : « et la réunion… revient ». (5) F : « al-tasabbur ». Dans S, on lit « al-basar », ce qui est une erreur. (6) L ajoute : « C’est pourquoi Allah a fait l’éloge des gens doués de clairvoyance. » Le terme « basira » est erroné.
فإذا اجتمع إلى ضعف العلم عدمُ استحضاره وغَيبتُه عن القلب في كثير من أوقاته أو أكثرها، لاشتغاله بما يضادّه، وانضمّ إلى ذلك تقاضي الطبع، وغلَباتُ الهوى، واستيلاءُ الشهوة، وتسويلُ النفس، وغرورُ الشيطان، واستبطاءُ الوعد، وطولُ الأمل، ورقدةُ الغفلة، وحبُّ العاجلة، ورُخَصُ التأويل، وإلفُ العوائد = فهناك لا يمسك الإيمانَ إلا الذي يمسك السموات والأرض أن تزولا. ولهذا السبب (١) يتفاوت الناس في الإيمان حتى ينتهي إلى أدنى أدنى (٢) مثقال ذرة في القلب (٣). وجمَاعُ هذه الأسباب يرجع (٤) إلى ضعف البصيرة والصبر (٥). ولهذا مَدح الله سبحانه أهل الصبر (٦) واليقين، وجعلهم أئمة الدين، فقال تعالى: ﴿وَجَعَلْنَا مِنْهُمْ أَئِمَّةً يَهْدُونَ بِأَمْرِنَا لَمَّا صَبَرُوا وَكَانُوا بِآيَاتِنَا يُوقِنُونَ (٢٤)﴾ [السجدة: ٢٤].
= في تاريخ بغداد (٣/ ٤١٨). وهو حديث منكر، من منكرات محمَّد بن محمَّد بن مرزوق الباهلي. قال ابن عدي: "لم أر لابن مرزوق هذا أنكر من هذين الحديثين -أي هذا، وآخر في الصيام -وهو لين، وأبوه محمَّد بن مرزوق ثقة". وانظر: تهذيب الكمال (١٦/ ٣٨٥). (ز). (١) س: "وبهذا السبب". (٢) كلمة "أدنى" وردت في ف مرة واحدة. (٣) "الناس … ذرة في" ساقط من ل. وكذا من خا. (٤) ز: "ترجع". ل: "وجمع … ترجع". (٥) ف: "التصبر". وفي س: "البصر"، خطأ. (٦) ل: "ولهذا سبحانه مدح أهل البصيرة". و"البصيرة" خطأ.

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