Sujet de l’ouvrage
Le présent livre constitue la réponse à un istiftâʾ (demande d’avis juridique) adressé à l’auteur – qu’Allah lui fasse miséricorde – dont voici le texte :
« Que disent les maîtres parmi les savants, guides de la religion – qu’Allah les agrée tous – au sujet d’un homme éprouvé par une calamité dont il sait que, si elle persiste, elle ruinera sa vie d’ici-bas et sa vie dernière ? Il a déployé tous les moyens possibles pour l’écarter de lui, mais elle ne fait que s’embraser et s’intensifier. Quelle stratégie adopter pour la repousser ? Quelle voie emprunter pour la dissiper ? »
Comme on le voit, le consultant ne précise pas la nature de cette épreuve, et l’auteur, qu’Allah lui fasse miséricorde, entreprend à son tour de répondre sans la nommer. Il rédige alors des chapitres sur l’invocation, sur les conséquences du péché et sur les sanctions divines – qu’elles relèvent du décret ou de la Loi –, puis il énumère les grands péchés, parmi lesquels le shirk (l’associationnisme) et l’homicide. Ensuite, il met en lumière l’énormité de la corruption que recèlent la fornication et la sodomie.
Parvenu à ce point, il déclare :
« Si l’on demande : malgré tout cela, existe-t-il un remède pour cette maladie chronique, une incantation pour ce sortilège meurtrier ? Quel artifice permettra d’éloigner ce désordre ?… L’amoureux possède-t-il encore son cœur, quand la passion a gagné jusqu’à sa moelle ?… Il se peut bien que tel soit le sens même de la question soumise à la consultation et le mal pour lequel on cherche un remède. » (pp. 413-414)
Puis il répond : « Oui, certes. La réponse, d’emblée, est la suivante : “Allah n’a fait descendre aucun mal sans faire descendre son remède ; celui qui le sait le sait, et celui qui l’ignore l’ignore.” » L’auteur expose ensuite deux voies pour traiter ce mal : la première consiste à cautériser sa source avant qu’il n’apparaisse ; la seconde, à l’extirper une fois qu’il s’est installé.
Il achève enfin sa réponse en exposant les maux immédiats qu’engendre la passion pour les formes et les apparences.