Il ajouta : « Je ne doute pas que j’ai un Seigneur qui pardonne la faute et qui en punit l’auteur. »
Cette catégorie d’individus s’est cramponnée aux textes portant sur l’espérance (ar-rajā’) ; elle s’y repose entièrement et s’y accroche des deux mains (1). Lorsqu’on la blâme pour ses fautes et pour l’acharnement qu’elle met à les commettre, elle se met aussitôt à réciter tout ce qu’elle a mémorisé sur l’immensité de la miséricorde et du pardon d’Allah, ainsi que les passages qui nourrissent l’espérance.
Chez les ignorants de ce groupe, on trouve à ce sujet des propos pour le moins étranges et surprenants, tels ceux de l’un d’eux :
« Accumule autant que tu peux les péchés,
puisque l’arrivée se fait chez un Généreux. » (2)
Un autre affirme : « Se tenir à l’écart des péchés est une preuve d’ignorance de l’étendue de la clémence d’Allah ! »
Un troisième (3) déclare : « Abandonner les fautes, c’est faire preuve d’audace envers le pardon d’Allah et le rabaisser ! »
Abû Muhammad Ibn Ḥazm rapporte : « J’ai vu certains de ces gens dire dans leur invocation : “Ô Allah, je me réfugie auprès de Toi contre l’infaillibilité !” »
Parmi ces dupes, on trouve encore ceux qui se réclament du jabr (la contrainte absolue) : pour eux, le serviteur n’agit pas du tout par lui-même et n’a aucun libre arbitre ; il serait purement et simplement contraint de commettre les désobéissances.