Il n’est pas valide qu’un homme se laisse diriger par une femme dans la prière (1), ni qu’un fidèle capable de réciter se place derrière un imam illettré (2).
Quel que soit l’endroit où le fidèle prie à l’intérieur de la mosquée en se conformant à la prière que l’imam y accomplit, pourvu qu’il sache que celui-ci est en train de prier (3), sa prière est valable tant qu’il ne le précède pas. De même, s’il prie à l’extérieur de la mosquée tandis que l’imam se trouve à l’intérieur, à condition que le fidèle soit proche de lui, qu’il connaisse l’état de la prière de l’imam et qu’aucun obstacle (4) ne les sépare, cela est également recevable.
Section. – Il est permis au voyageur de raccourcir la prière composée de quatre rakʿa (unités de prière) (5), sous cinq conditions.
(1) Abû Dâwûd (no 596) et d’autres rapportent d’après Mâlik b. al-Huwayrith : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Que celui qui rend visite à un groupe ne dirige pas leur prière ; qu’un homme issu de ce groupe la dirige.” » On en déduit qu’une femme ne doit pas diriger la prière lorsqu’il y a des hommes dans l’assemblée.
(2) Le « lecteur » (*qâriʾ*) est celui qui sait réciter correctement la Fâtiḥa, tandis que « l’illettré » (*ummî*) en altère au moins une lettre. On ne peut prier derrière ce dernier, car la récitation intégrale de la Fâtiḥa est un pilier de la prière, comme on l’a vu. Sa propre prière demeure toutefois valable par nécessité, puisqu’il est incapable d’apprendre mieux.
(3) Autrement dit, le fidèle doit être relié à la prière de l’imâm : l’entendre ou le voir, entendre un relais, ou encore voir une partie du rang.
(4) Un obstacle matériel qui empêche le passage ou la visibilité.
(5) Preuve : « Lorsque vous voyagez sur terre, nul grief contre vous si vous écourtez la prière » (Coran 4 : 101). [*Ḍarabtum* : vous avez voyagé]. Muslim (no 686) rapporte de Yaʿlâ b. Umayya : « J’ai dit à ʿUmar b. al-Khaṭṭâb : “{Nul grief contre vous si vous écourtez la prière par crainte que les infidèles ne vous agressent…} Or nous sommes désormais en sécurité.” Il répondit : “Je m’étonne de ce qui t’étonne…” »