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[Des hadiths authentiques ont-ils été rapportés au sujet de la visite de sa tombe – paix et salut d’Allah sur lui ?]
L’opposant déclara :
« Il existe, à propos de la visite de sa tombe, des hadiths authentiques ainsi que d’autres qui n’atteignent pas ce degré, mais auxquels il reste permis de se référer pour fonder des statuts juridiques et étayer la préférence entre les avis. »
Réponse :
Elle s’articule en plusieurs points.
Premier point :
Nous disons : quand bien même il existerait un hadith authentique sur ce sujet, il n’établirait tout au plus que la licéité de la visite en termes absolus. Or, dans la réponse à la consultation, il n’y a nulle interdiction d’une telle visite absolue, pas plus qu’il n’y est rapporté de divergence à ce propos. Seul est évoqué le cas de celui qui ne prend la route que dans le but exclusif de visiter les tombes des prophètes et des vertueux. Par conséquent, même si un hadith authentique existait dans ce domaine, il ne concernerait pas le point litigieux, ni ne réfuterait ce qu’a exposé l’auteur de la réponse au sujet de la divergence et du consensus.
Deuxième point :
À supposer qu’il soit établi des hadiths authentiques au sujet de la visite de sa tombe, leur signification correspond aux propos de certains savants qui disent : « Il est recommandé de visiter sa tombe », entendant par là le voyage vers sa mosquée, afin d’y présenter ses salutations, de prier sur lui, d’invoquer pour lui et de louer ses mérites. Il ne s’agit nullement d’entrer jusqu’à sa tombe ni de la toucher. Or cette pratique, l’auteur de la réponse la tient pour recommandée, s’appuyant sur le texte et sur le consensus. Celui donc qui lui attribue le contraire mérite la réprobation encourue par le calomniateur. Dès lors que cette forme de visite est recommandée, elle relève du consensus et non de la controverse.
Troisième point :
Nous poursuivons : l’affirmation selon laquelle des hadiths authentiques concernent la visite de sa tombe n’a été étayée d’aucune preuve. Si l’on répond à son auteur : « Nous ne concédons pas qu’il existe un tel hadith authentique », il se trouve mis en demeure d’en fournir la preuve, et il n’en a cité aucun. Il s’est borné à rappeler la parole : « Je vous avais interdit de visiter les tombes ; visitez-les donc », ainsi que la visite qu’il fit aux gens du Baqîʿ et aux martyrs d’Uḥud — ce qui, certes, est authentique. Mais il n’a rien mentionné ici qui soit authentique au sujet de la visite de sa propre tombe ; son propos demeure ainsi une allégation pure et simple qui appelle le rejet.
Quatrième point :
Nous disons enfin : cette prétention est fausse ; nul parmi les savants musulmans versés dans la science du hadith ne l’a formulée. Parmi les récits rapportés avec l’expression explicite « visite de sa tombe », il n’existe, aux yeux des connaisseurs, aucun hadith authentique. Les compilateurs des Ṣaḥîḥ n’ont rien retenu à ce sujet, pas plus que les auteurs des Sunan.