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[Les hadiths avancés par l’opposant pour autoriser le fait de se mettre en voyage vers les tombes, et la réponse à cela]
Quant aux hadiths qu’il a cités concernant la visite des tombes, on y répond de plusieurs manières :
La première :
On dira : rien, dans ce que tu as cité, n’indique qu’il soit recommandé de visiter la tombe de notre Prophète — que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui — ni aucune autre tombe.
Quant à la parole :
« Visitez donc les tombes »,
l’ordre, qu’il s’agisse d’un commandement général, d’une recommandation ou d’une simple permission, n’implique nullement qu’il faille entreprendre un voyage pour cela, ni à titre de recommandation ni même de permission. De la même façon, cette parole n’englobe pas la visite de ceux qui, auprès des tombes, se lamentent, profèrent des propos réprouvés, commettent le shirk en les invoquant ou y accomplissent des innovations que la Loi a proscrites.
De même, la parole d’Allâh, exalté soit-Il :
« … alors un jeûne de trois jours… » (al-Baqarah, 196)
ne s’applique pas aux jours de menstrues ni aux deux jours de fête.
Le hadith :
« La prière de l’homme dans sa mosquée surpasse celle qu’il accomplit chez lui ou dans son marché de vingt-cinq degrés » (1)
n’implique pas qu’il doive voyager jusqu’à la mosquée pour prier, mais seulement qu’il s’y rende depuis sa maison ou tout autre endroit proche, sans voyage.
De même, les paroles :
« Ne retenez pas les servantes d’Allâh loin des mosquées d’Allâh » (2),
et :
« Lorsqu’une des femmes d’entre vous demande la permission d’aller à la mosquée, qu’on ne l’en empêche pas » (3),
n’impliquent pas qu’elle puisse voyager sans époux ni mahram, ni que le mari soit tenu de lui donner permission si elle voulait se déplacer vers l’une des mosquées, fût-ce avec son mari ou un mahram. Il ne lui doit l’autorisation que pour l’obligation — à savoir le pèlerinage.
Quant au hadith : « Lorsqu’une des femmes d’entre vous demande la permission d’aller à la mosquée… », on ne saurait prétendre qu’il est d’ordre général et couvre aussi bien le voyage que le reste.
Si l’on objecte : « Dans tous ces cas, il est connu qu’il entendait “se rendre à la mosquée depuis le domicile”, non pas voyager, car c’est ainsi qu’ils le concevaient entre eux»,
nous répondrons : de même, la visite des tombes n’était connue, pour eux, que comme une sortie de la ville vers ses cimetières ou au passage devant eux. Jamais on n’a rapporté qu’un Compagnon, un Tâbiʿî ou un de leurs successeurs ait entrepris un voyage afin de visiter une tombe.