Il a également été rapporté de Mâlik, dans une autre version, qu’il n’a pas fixé d’emplacement particulier dans la mosquée pour les prières surérogatoires, mais qu’il a mis tous les endroits sur un pied d’égalité. De même, Aḥmad, Ibn Ḥabīb et l’ensemble des savants ont affirmé que l’on commence par l’inclinaison, c’est-à-dire la prière, dans la mosquée. Tel est l’avis des premières comme des dernières générations – adeptes des quatre écoles et autres –, même si certains préfèrent prier dans la Rawḍa, comme l’ont mentionné Aḥmad, Ibn Ḥabīb et d’autres.
Je n’ai pas connaissance d’une quelconque divergence sur le fait qu’il faille d’abord prier dans la mosquée, si ce n’est ce que j’ai lu dans les Manāsik d’Abû al-Qâsim Ibn Ḥabbâb as-Saʿdî, au chapitre des convenances de l’iḥrâm, du voisinage sacré et de la visite, où il écrit :
« Lorsqu’un visiteur entre dans la mosquée, doit-il commencer par les droits de la mosquée ou par les droits du Muṣṭafâ, à savoir se conformer aux règles de la visite ? Les savants ont divergé à ce sujet.
– Certains disent :
Il commence par les droits de la mosquée, car c’est la première portion du lieu qu’il rencontre avant de rencontrer le Muṣṭafâ ; il honore donc la mosquée en y accomplissant deux rakaʿât avant la visite. Ils ajoutent : il ne doit pas accroître, dans la visite d’un défunt, ce qu’il faisait lorsqu’il le visitait vivant. En effet, lorsque ses Compagnons entraient pour le rencontrer dans la mosquée, ils commençaient par la salutation de la mosquée avant de le rencontrer, sur son ordre et en suivant son exemple.
– D’autres disent :
L’entrée dans la mosquée n’a pour but que la visite du Muṣṭafâ ; la première partie est donc sa visite et la seconde concerne les droits de la mosquée ; on commence alors par ses droits avant ceux de la mosquée. »
L’avis correct est le premier.
Je (l’auteur) dis :
Cette opinion n’a été formulée par aucun savant connu dont la parole soit transmise ; elle n’a été avancée que par quelqu’un qui ignore la Loi de l’Islam. Il l’a justifiée en disant : « L’entrée dans la mosquée n’a pour but que la visite du Muṣṭafâ ». Or, une telle justification prouve son ignorance de la Sunna – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – qui est parvenue par transmission massive et sur laquelle les musulmans sont unanimes : la mosquée a été instituée pour y accomplir la prière, et ce même lorsqu’il n’y avait pas encore sa tombe, comme c’était le cas à l’époque du Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – et de ses califes. On y voyage, conformément à sa parole :
« On ne prépare les montures que pour trois mosquées : la Mosquée sacrée, la Mosquée al-Aqṣâ et cette mosquée-ci qui est la mienne. »
Cela est unanimement admis parmi les musulmans. Si le voyage jusqu’à sa tombe avait été légiféré, on voyagerait aussi bien pour l’un que pour l’autre. Ainsi, celui qui prétend que le voyage vers la tombe, à l’exclusion de la mosquée, est ce qui est prescrit – quiconque avance une telle prétention ne connaît pas la religion de l’Islam ; et s’il persiste à s’opposer au Messager et à suivre une voie autre que celle des croyants, il devient obligatoire de le mettre à mort. Que dire alors, quand la prescription consiste précisément à voyager vers sa mosquée, tandis qu’il a interdit tout voyage vers une autre mosquée que ces trois-là, comme l’ont rapporté les Salaf et les imâms ? Cela est développé ailleurs.
L’intention, ici, est que le visiteur n’arrive qu’à sa mosquée ; il lui est, de l’avis unanime, légiféré d’y accomplir la prière, d’invoquer sur lui les bénédictions et la paix, de le louer, de l’honorer et de le vénérer, et de rappeler les bienfaits qu’Allâh lui a accordés ainsi qu’aux gens par son intermédiaire. Quant au fait d’atteindre sa tombe ou d’entrer dans sa chambre, cela n’est ni possible ni réalisable, et cela ne fait pas partie des actes prescrits, contrairement aux autres tombes.
Dès lors, si ce que l’on entend par la visite de sa tombe et le voyage vers lui consiste en réalité à se rendre à sa mosquée et à y accomplir ce qui y est légiféré, le répondant a exposé que tout cela est recommandé d’après le Texte et le consensus, et ce qu’il a rapporté du répondant