[La prière sur le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – dans la prière, et la divergence des savants quant à son caractère obligatoire]
Lorsque les savants traitent de la prière sur le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, débattant pour savoir si elle est obligatoire à l’intérieur de la prière ou non – ainsi que l’affirme l’avis majoritaire –, nul ne prétend que celui qui n’en fait pas une obligation aurait, de ce fait, dénigré le Messager, l’aurait injurié ou se serait montré son ennemi. Parmi ceux qui ne la jugent pas obligatoire dans la prière, certains la rendent obligatoire en dehors de celle-ci, d’autres ne l’imposent en aucune circonstance, considérant que l’ordre contenu dans le verset relève de la recommandation, allant jusqu’à rapporter le consensus en ce sens.
Le Qâḍî ʿIyāḍ a, pour sa part, fortement affaibli la position d’al-Shâfiʿî qui la rend obligatoire dans la prière. Il dit : « L’imâm Abû Jaʿfar al-Ṭabarî, al-Ṭaḥâwî et d’autres encore ont rapporté le consensus de tous les anciens et des contemporains parmi les savants de la communauté selon lequel la prière sur le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – dans le tashahhud n’est pas obligatoire. »
Il ajoute : « Al-Shâfiʿî a, en cela, divergé de l’ensemble ; il a affirmé que quiconque ne prie pas sur le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – après le dernier tashahhud et avant le salâm, sa prière est invalide – et, s’il l’a faite avant ce moment, elle ne lui suffit pas. »
Et il poursuit : « Il n’a, pour cet avis, ni prédécesseur à suivre ni hadith à invoquer. » Il rapporte encore que plusieurs savants, devanciers d’al-Shâfiʿî, ont vigoureusement désavoué cette question, dénonçant la singularité de son avis – parmi eux, al-Ṭabarî, al-Qushayrî et d’autres.
Abû Bakr Ibn al-Munḏir a dit : « Il est recommandé que nul ne fasse une prière sans y prier sur le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui. Toutefois, si quelqu’un s’en abstient, sa prière demeure valable selon l’école de Mâlik et celle des gens de Médine, selon al-Thawrî, les gens de Koufa appartenant aux juristes de l’opinion, et d’autres encore ; tel est l’avis de l’ensemble des gens de science. » Il est rapporté de Mâlik et de Sufyân qu’elle est recommandée dans le dernier tashahhud et que celui qui l’y omet commet une faute.
Il poursuit : « Al-Shâfiʿî a cependant divergé, en obligeant celui qui l’omet dans la prière à la refaire. Isḥâq (ibn Râhawayh) a, quant à lui, jugé qu’il faut la recommencer seulement si l’omission est volontaire, non par oubli. »
Je dis : De l’imâm Aḥmad, on rapporte dans cette question trois versions, correspondant aux trois avis évoqués ; chacune d’elles a été adoptée par un groupe parmi ses disciples. Muḥammad ibn al-Mawwâz mentionne également de lui une opinion identique à celle d’al-Shâfiʿî.
Al-Khaṭṭâbî a dit : « Elle n’est pas obligatoire dans la prière ; tel est l’avis de la plupart des juristes, à l’exception d’al-Shâfiʿî. » Il ajoute : « Je ne lui connais, en cela, aucun modèle à suivre. » Le caractère obligatoire a été rapporté d’Abû Jaʿfar al-Bâqir, lequel disait : « Si j’accomplissais une prière sans y prier sur le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – et sa Famille, je la considérerais incomplète. »
Le Qâḍî ʿIyāḍ dit encore : « Sache que la prière sur le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – est, de façon globale, une obligation, très recommandée, sans être limitée à un temps précis, en raison de l’ordre divin de prier sur lui. Les imâms et les savants ont interprété ce verset comme imposant l’obligation et ils sont unanimes à ce sujet. »
Il ajoute : « Abû Jaʿfar al-Ṭabarî a toutefois rapporté que, selon lui, le verset relève de la recommandation, et il y a prétendu le consensus (1).