ni en secret ni au grand jour, et il ne leur est en rien réfractaire, ni intérieurement ni extérieurement. Quiconque affirme, au sujet de ces savants musulmans dont l’imâmat est unanimement reconnu, qu’ils auraient manifesté de l’hostilité envers les prophètes, mérite la même sanction que celle qu’il leur impute.
Il n’existe par ailleurs aucune divergence entre les musulmans : le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — avait tout d’abord interdit la visite des tombes ; cette pratique était donc illicite au début de l’Islam, et l’auteur de l’objection le concède lui-même.
Faut-il donc dire que, lorsque le Messager d’Allah — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — interdit la visite des tombes, il exprimait à l’égard des prophètes une inimitié déclarée et une opposition manifeste ?!
De même, l’ensemble des prescriptions abrogées ne contient aucune hostilité ni opposition envers les prophètes, que ce soit secrètement ou ouvertement ; car jamais Allah n’a légiféré l’inimitié envers Ses prophètes ni la rébellion à leur encontre. Bien au contraire, la foi en tous les prophètes, à l’instar de l’unicité d’Allah, est nécessaire dans toute Loi révélée, et la religion des prophètes est une.
Il est rapporté authentiquement que le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — a dit :
« Nous, communauté des prophètes, notre religion est une » (1).
Et le Très-Haut dit :
« Ô Messagers, mangez des choses licites et faites le bien… jusqu’à Sa parole : “Et certes, cette communauté qui est la vôtre est une seule communauté.” »
(Sourate al-Mu’minûn, 51-52).
La majorité des exégètes a commenté : « sur une même croyance et une même religion » (2).
Le Très-Haut dit encore :
« Et lorsque Allah prit l’engagement des prophètes : “Chaque fois que Je vous accorderai un Livre et une sagesse…”, jusqu’à Sa parole : “et vous lui porterez secours”. »
(Sourate Âl-ʿImrân, 81).
Ainsi, Il a ordonné à ceux qui les précédèrent de croire en ceux qui viendraient après eux, tout comme Il a enjoint à ceux-ci de croire en ceux-là. Tout ce qui fut prescrit à une époque n’avait donc point pour but l’inimitié envers les prophètes, pas plus qu’il n’avait pour objectif l’association ; Allah n’a jamais institué le polythéisme ni l’hostilité envers Ses prophètes. Cependant, celui qui s’attache à une prescription abrogée tout en sachant qu’elle l’est, devient menteur ; et l’inimitié ou l’opposition aux prophètes constitue une mécréance et un démenti à leur égard.
[Il n’existe dans le Livre ni dans la Sunna aucune preuve établissant la recommandation de visiter les tombes des prophètes.]
Où se trouve donc, dans le Livre d’Allah ou dans la Sunna de Son Messager, l’indication qu’il serait recommandé de voyager uniquement pour visiter leurs tombes ou celles d’autrui, de sorte que celui qui s’y oppose irait à l’encontre d’un tel texte ? À supposer même qu’il contrevienne à une preuve qui ne lui serait pas parvenue, ou qu’il en préfère une autre, cela ne saurait être une hostilité ni une obstination envers eux.
Mais les ignorants et les égarés s’imaginent que le voyage vers leurs tombes fait partie des droits qui leur sont dus par les créatures, et qu’il relève de la foi en eux. D’autres pensent que la visite de leurs tombes est une forme de vénération à leur égard, d’exaltation de leur dignité et de leur rang auprès d’Allah ; et que, si le visiteur les invoque, s’humilie devant eux et les sollicite, il obtiendra ce qu’il désire : soit par leur intercession, soit, du seul fait de la grandeur de leur rang auprès d’Allah, sa requête serait exaucée lorsqu’il les invoque, ou bien