On rapporte encore, dans ce chapitre, un autre ḥadīth transmis par al-Bazzār, ad-Dāraquṭnī et d’autres, sur l’autorité de Mūsā ibn Hilāl : « ʿAbd Allāh ibn ʿUmar nous a rapporté, d’après Nāfiʿ, d’après Ibn ʿUmar, que le Messager d’Allah — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : “Quiconque visite ma tombe, mon intercession lui devient acquise.” »(1)
Al-Bayhaqī — qui a également rapporté ce ḥadīth — déclare ensuite : « Il a aussi été relaté de Mūsā, d’après ʿUbayd Allāh. Qu’il ait dit ʿAbd Allāh ou ʿUbayd Allāh ne change rien : cette narration demeure réprouvée (munkar) d’après Nāfiʿ, d’après Ibn ʿUmar, et nul autre ne l’a transmise. »
Al-ʿUqaylī dit, à propos de ce Mūsā ibn Hilāl : « Personne ne le suit dans son ḥadīth. »
Abū Ḥātim ar-Rāzī affirme : « Il est inconnu. »
Abū Zakariyyā an-Nawawī, dans son Sharḥ al-Muhadhdhab(2), après avoir cité l’opinion d’Abū Isḥāq selon laquelle il est recommandé de visiter la tombe du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — en se fondant sur le rapport d’Ibn ʿUmar où le Prophète — paix et bénédictions sur lui — aurait dit : « Quiconque visite ma tombe, mon intercession lui devient acquise », précise : « Quant au ḥadīth d’Ibn ʿUmar, il a été rapporté par Abū Bakr al-Bazzār, ad-Dāraquṭnī et al-Bayhaqī avec deux chaînes de transmission extrêmement faibles. » Fin de la note marginale.
Le répondant, dans Tamām al-Jawāb, poursuit : Abū Muḥammad al-Maqdisī a argumenté en faveur de la licéité du voyage visant la visite des tombes et des mosquées, en invoquant le fait que [le Prophète] se rendait à Qubāʾ et visitait les cimetières ; il répond au ḥadīth « Ne préparez pas les montures » en disant qu’il s’agit d’une simple négation de la recommandation.
Les premiers savants, quant à eux, s’appuient sur ce que rapportent les deux Ṣaḥīḥs, où le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « On ne prépare les montures que pour trois mosquées : la Mosquée sacrée, cette mosquée-ci qui est la mienne et la Mosquée al-Aqṣā. » Les imams sont unanimes quant à l’authenticité de ce ḥadīth et à la nécessité d’y conformer sa pratique.
Ainsi, si un homme faisait vœu de prier dans une mosquée ou un sanctuaire, d’y pratiquer la retraite spirituelle et de s’y rendre en voyage, en dehors des trois mosquées précitées, l’accomplissement de ce vœu ne lui incomberait pas, de l’avis unanime des imams. Mais s’il faisait vœu de voyager vers la Mosquée sacrée pour accomplir le ḥajj ou la ʿumra, cela lui serait obligatoire par consensus