Ils prétendent qu’il a été envoyé aux illettrés – et non à eux –, si bien qu’ils le vénèrent extérieurement comme intérieurement, tout en affirmant qu’ils ne sont pas tenus de le suivre ; or, ceux-là sont des mécréants, de l’avis unanime des musulmans.
De même, nombre de ceux qui affichent l’islam reconnaissent sa prophétie selon l’opinion des philosophes, le considérant pourvu d’une force spirituelle sacrée ; ils peuvent même le placer au-dessus de toute la création. Pourtant, ils n’adhèrent pas à son message et ne s’imposent pas de le suivre, ni extérieurement ni intérieurement. Ils soutiennent qu’il a été envoyé aux gens du commun – voire à tous – uniquement pour les prescriptions apparentes, non pour les réalités intérieures et les vérités rationnelles, comme le répètent beaucoup de ceux qui se réclament de l’islam. Ces personnes comptent parmi les plus fervents dans l’exaltation des tombeaux, les voyages qu’on entreprend vers eux et les invocations adressées à leurs occupants ; nous avons, ailleurs, exposé leurs propos à ce sujet. Eux et leurs semblables peuvent aller jusqu’à prétendre que la visite de sa tombe ou de celle d’un homme moindre est supérieure au pèlerinage à la Maison sacrée, ainsi qu’à la prière du vendredi et aux prières en congrégation effectuées dans sa Mosquée ou dans toute autre.
Différence entre la visite de la Mosquée du Prophète – paix et bénédictions sur lui – et la visite de sa tombe
Le propos est que cet objecteur et ses semblables n’ont pas distingué entre le voyage vers la Mosquée du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – et la visite de celle-ci, unanimement recommandée, d’une part, et le voyage destiné à visiter la tombe d’un autre, fût-il accompagné d’une mosquée, d’autre part ; or, ce dernier est unanimement non recommandé. Ils ont ainsi mis sur le même plan ce qui est recommandé par texte explicite et consensus, et ce qui ne l’est pas, s’imaginant que le répondant les avait assimilés en niant la recommandation ; ils lui ont répliqué en les rendant tous deux recommandés, tombant ainsi dans diverses formes de fausseté contraires au Livre, à la Sunna et au consensus.
Si quelqu’un disait : « La fréquentation des mosquées n’est ni recommandée ni légiférée », il deviendrait mécréant, son sang devenant licite. Mais s’il disait : « On ne se met en route vers aucune mosquée si ce n’est vers trois mosquées », il ne ferait que reprendre la parole même du Messager – paix et bénédictions sur lui – et celle des savants musulmans ; ne pas distinguer entre ces deux assertions relève de la plus grande ignorance.
De même, si quelqu’un prétendait : « Il n’est pas recommandé de voyager vers la Mosquée du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – ni d’effectuer dans la Mosquée la visite légiférée consistant à prier et à saluer », il contredirait le consensus. Certains savants cependant n’appellent pas cela « visiter sa tombe » et répugnent à cette appellation ; cette opinion est plus conforme à la raison et aux textes transmis. En revanche, s’il affirmait : « Il est recommandé de voyager vers toutes les tombes et de prier dans les mosquées bâties dessus », il se mettrait en opposition avec le texte révélé et le consensus.
À supposer même que l’adversaire ait, à son sens, mis les deux cas sur le même plan, comment lui serait-il permis de mentir au sujet d’autrui, de lui attribuer cette assimilation dans l’interdiction et de prétendre qu’il aurait rapporté l’unanimité des musulmans quant à l’interdiction absolue de la visite, qu’elle comporte un voyage ou non ? Nous allons reproduire le libellé exact de la réponse qu’il a critiquée, afin que l’on examine ce qu’il en a rapporté et rejeté : est-ce vérité et équité, ou non ?
Et voici la formulation de la question :
« Que disent nos maîtres les savants au sujet d’un homme qui a l’intention de visiter les tombes des Prophètes et des vertueux, telle celle de notre Prophète – paix et bénédictions sur lui – et d’autres ? Lui est-il permis, au cours de son voyage, de raccourcir la prière ? Et… »