est unanimement recommandé ; il ne relève nullement des questions controversées.
Quiconque sait qu’il n’atteindra finalement que Sa Mosquée, qu’il s’agit bien de la Mosquée où lui-même – paix et bénédictions sur lui – priait avec ses Compagnons, qu’elle est la plus noble des mosquées après la Mosquée sacrée – voire absolument –, qu’il – paix et bénédictions sur lui – a institué que la prière qui y est accomplie équivaut à mille prières, et qu’il a dit :
« On ne selle les montures que pour trois mosquées »,
et autres textes allant dans ce sens, celui-là, s’il croit au Messager – paix et bénédictions sur lui –, ne peut, lorsqu’il entreprend ce voyage, que viser le déplacement vers sa Mosquée. Compte tenu de ce qu’il sait et de sa foi, il est inconcevable qu’il ne se propose pas d’aller à sa Mosquée ; celui qui se fixe pour seule intention le voyage vers la tombe, sans la Mosquée, n’est qu’un ignorant ou un mécréant.
Nombreux toutefois sont ceux qui connaissent le mérite de sa Mosquée et du voyage qui y mène ; ils visent donc cet objectif tout en se proposant également de se rendre à la tombe. Parmi eux, certains mettent les deux intentions sur un pied d’égalité, d’autres donnent la priorité à la Mosquée, et d’autres encore font primer l’intention de la tombe. Ces derniers s’imaginent que le fait de cibler le voyage vers sa tombe relève d’un plus grand amour et d’une plus grande vénération pour lui, et que cela surpasse l’intention de voyager vers sa Mosquée ; ils se trompent.
En effet, se rendre à la Mosquée sacrée qu’Ibrâhîm – paix sur lui – a bâtie et l’imiter dans les rites du pèlerinage qu’il y accomplissait est, d’après le Livre, la Sunna et le consensus, meilleur que la visite de la tombe d’Ibrâhîm. Allah a d’ailleurs rendu obligatoire à Ses serviteurs le pèlerinage tel qu’Ibrâhîm l’a accompli, alors qu’Il a interdit le voyage vers tout autre lieu que les trois mosquées. De même, se rendre à Bayt al-Maqdis est préférable au voyage vers la tombe de Sulaymân – paix sur lui –, laquelle fut édifiée après Ibrâhîm. De même encore, se rendre à la Mosquée de notre Prophète – paix et bénédictions sur lui –, l’imiter dans les actes d’adoration qu’il y accomplissait et faire ce qu’il a encouragé d’y faire est l’attitude qui découle de la foi en lui, de l’amour et de la vénération qu’on lui porte, et non pas le voyage vers sa seule tombe.
S’il arrivait qu’une personne voyageât vers la tombe d’Ibrâhîm sans se rendre à sa Mosquée – la Mosquée sacrée – et donc sans accomplir le pèlerinage, tout en estimant les deux actes équivalents, voire supérieurs en faveur de la tombe, elle deviendrait mécréante. Il en va de même pour Bayt al-Maqdis : quiconque estime que le voyage vers la tombe de Sulaymân est supérieur, ou même équivalent, au voyage vers cette Mosquée est mécréant. De même encore, s’agissant du Prophète – paix et bénédictions sur lui –, celui qui considère que le déplacement vers sa seule tombe est meilleur, ou équivalent, au voyage vers sa Mosquée est soit ignorant de la Loi du Messager – paix et bénédictions sur lui –, soit mécréant à son égard.
Ces gens sont comparables à celui qui estime que le voyage vers les tombes des Prophètes et des pieux équivaut au pèlerinage ou le surpasse. Une telle croyance n’est professée que par un ignorant plongé dans une ignorance extrême de la religion de l’Islam, ou par un mécréant qui s’oppose au Messager – paix et bénédictions sur lui – après que la guidée lui a été clairement exposée, et qui suit une voie autre que celle des croyants.
Ainsi, quiconque ne distingue pas entre le voyage légiféré vers la Mosquée du Messager – paix et bénédictions sur lui – et la visite de sa tombe – voyage licite et visite légale unanimement recommandée – et le voyage vers la tombe d’un autre, est soit ignorant de ce qu’a apporté le Messager – paix et bénédictions sur lui –, soit mécréant envers lui.
Objection : « Comment visiterait-il sa tombe alors qu’il est mécréant à son égard ? »
Réponse : Nombre de gens vénèrent effectivement le Messager – paix et bénédictions sur lui – et le tiennent pour l’un des meilleurs hommes ; toutefois, ils prétendent qu’ils ne sont pas tenus de le suivre ni de lui obéir, car ils auraient, selon eux, une voie vers Allah qui les dispense de lui. Ils vont même parfois jusqu’à affirmer que leur voie est meilleure que la sienne, tout comme beaucoup de juifs et de chrétiens estiment que