et malgré l’interdiction formelle du polythéisme, ils ont fini par tomber dans l’exagération et l’associationnisme, demeurant ainsi semblables aux chrétiens. Or, cela contredit la religion de l’Islam ; de même, quiconque ne croit pas en eux ni en ce qu’ils ont apporté, quiconque ne fait pas de la voie menant à Allah le fait de les suivre, de les aimer et de s’opposer à ceux qui les contredisent, s’oppose, lui aussi, à la religion de l’Islam.
Douzième aspect :
Qu’on dise :
Il ne fait aucun doute que le jihâd, le fait de se dresser contre ceux qui s’opposent aux messagers, de les affronter avec l’épée de la Loi, d’appliquer les sanctions requises en raison de leurs paroles – par soutien aux prophètes et aux envoyés, et afin que cela serve d’exemple à ceux qui méditent pour que leurs semblables parmi les rebelles s’en abstiennent –, figure parmi les meilleures œuvres par lesquelles Allah nous a ordonnés de Nous rapprocher de Lui. Ce jihâd peut être une obligation collective (farḍ kifâyah) et, si nul autre ne s’en charge, il devient une obligation individuelle (farḍ ʿayn) pour celui qui en a connaissance.
Le Livre et la Sunnah abondent en ordres relatifs au jihâd et en éloges de sa valeur. Toutefois, il convient de distinguer le jihâd légiféré qu’Allah et Son Messager ont prescrit du jihâd innové, celui des gens de l’égarement qui combattent dans l’obéissance à Satan tout en pensant qu’ils mènent le jihâd pour le Tout-Miséricordieux : tel est le jihâd des gens de l’innovation et des passions, comme les Khâridjites et leurs semblables, qui s’attaquent aux musulmans¹ – à ceux, même, qui ont plus de droit auprès d’Allah et de Son Messager qu’eux, parmi les premiers devanciers et ceux qui les suivent avec excellence jusqu’au Jour du Jugement –, de même qu’ils combattirent ʿAlî et les siens, et furent encore plus virulents contre Muʿâwiyah et les siens.
À leur sujet, le Prophète – paix et salut sur lui – a dit, dans le ḥadith authentique rapporté par Abû Saʿîd :
« Il surgira un groupe dissident au moment d’une division parmi les musulmans ; la faction la plus proche de la vérité les tuera. »²
ʿAlî et ceux qui l’accompagnaient les combattirent donc, car ils étaient plus proches de la vérité que Muʿâwiyah et les siens, tandis que ces dissidents prétendaient combattre dans le sentier d’Allah contre les ennemis d’Allah.
De la même manière, quiconque, parmi les gens des passions, se rebelle contre Ahl as-Sunnah et s’appuie sur les mécréants – qu’ils soient Gens du Livre, polythéistes, Tatars ou autres –, se considère, à ses propres yeux, comme un combattant dans le sentier d’Allah. Il en est de même des chrétiens : eux aussi s’estiment être des combattants (moudjahidîn).