Abû Ḥâtim Ibn Ḥibbân l’a mentionné dans son ouvrage « Ath-Thiqât » [1].
Al-Dâraqutnî déclara : « On ne le délaisse pas ; cependant, on lui a reproché le ḥadith de l’Ifk, qu’il a rapporté d’une manière différente de celle des autres transmetteurs. »
Telles sont les paroles des imâms, qui confirment la distinction détaillée que nous avons exposée à son sujet. Elles montrent la faiblesse du ḥadith d’Ibn ʿUmar qu’il rapporte, car les savants s’accordent à juger réprouvée (makrûh) toute tentative de toucher la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue. Comment dès lors prétendre qu’Ibn ʿUmar l’aurait touchée alors que les érudits l’ignoreraient, eux qui savaient pourtant qu’il touchait le minbar ? Il est, au contraire, authentiquement établi qu’Ibn ʿUmar jugeait blâmable de la toucher.
Abû al-Ḥasan ʿAlî ibn ʿUmar al-Qazwînî rapporte encore, dans ses « Amâlî » : « J’ai lu auprès de ʿUbayd Allâh al-Zuhrî. Je lui dis : “Ton père te l’a-t-il transmis ?” Il répondit : ‘ʿAbd Allâh ibn Aḥmad m’a relaté : mon père m’a dit : J’ai entendu Abû Zayd Ḥammâd ibn Dalîl demander à Sufyân — c’est-à-dire Ibn ʿUyaynah — : ‘Quelqu’un se frotte-t-il à la tombe ?’ Il répondit : “Non ; on ne la serre pas non plus contre soi, on ne fait que s’en approcher.” Mon père commenta : “Il voulait dire : à l’exception de quelques ossements du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue.” ’ »
Ce Ḥammâd ibn Dalîl, que l’imâm Aḥmad entendit interroger Ibn ʿUyaynah, est un savant reconnu ; Abû Dâwûd transmit de lui, et il fut le qâḍî d’al-Madâ’in.
Al-Qazwînî relate encore, d’al-Zuhrî, d’après Nûḥ ibn Yazîd : « Abû Isḥâq — c’est-à-dire Ibrâhîm ibn Saʿd — nous informa : “Je n’ai jamais vu mon père se rendre à la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — ; il en détestait la visite.” »
Ce Nûḥ ibn Yazîd ibn Siyyâr, le précepteur, est fiable (thiqah), reconnu pour sa fréquentation intime d’Ibrâhîm. Aḥmad ibn Ḥanbal, Abû Dâwûd et d’autres rapportèrent de lui.
Abû Bakr al-Athram dit : « Abû ʿAbd Allâh [Aḥmad] me parla de Nûḥ ibn Yazîd le précepteur et déclara : “C’est un vieux shaykh ; il me sortit le livre d’Ibrâhîm ibn Saʿd et j’y vis des formulations.” »
Muḥammad ibn al-Muthannâ raconte : « J’ai interrogé Aḥmad ibn Ḥanbal à son sujet ; il dit : “Écris de lui, car il est digne de confiance ; il accomplit le ḥajj avec Ibrâhîm ibn Saʿd et enseignait à ses enfants.” » Ibn Ḥibbân l’a également classé parmi « Ath-Thiqât » [2].
Quant à Ibrâhîm ibn Saʿd, il compte parmi les sommités savantes de Médine : d’un savoir étendu, d’une fiabilité exemplaire. Il se rendit ensuite à Bagdad, d’où de nombreux transmetteurs — au premier rang desquels Aḥmad ibn Ḥanbal et ses contemporains — rapportèrent de lui. Son érudition était telle que l’imâm al-Layth ibn Saʿd — plus ancien et plus éminent — transmit de lui.
Son père, Saʿd ibn Ibrâhîm ibn ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAwf al-Zuhri — à propos duquel Ibrâhîm a dit : « Je n’ai jamais vu mon père se rendre à la tombe du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — ; il en détestait la visite » — fut l’un des meilleurs habitants de Médine à l’époque des tâbiʿîn, des plus vertueux et des plus pieux. Il exerça la fonction de qâḍî à Médine, contemporain d’al-Qâsim ibn Muḥammad ibn Abî Bakr aṣ-Ṣiddîq et de ses pairs. Il assista à la reconstruction de la mosquée par al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik et à l’intégration de la Ḥujrah dans l’édifice, et il avait connu l’état dans lequel se trouvaient les Anciens avant