Ces gens-là appartiennent à la même catégorie que les polythéistes qui ont morcelé leur religion et se sont divisés en sectes ; chaque groupe suit une voie qui diffère de celle des autres. Le Très-Haut a dit :
« Oriente donc ton visage, en pur monothéiste, vers la Religion – la disposition originelle d’Allah sur laquelle Il a créé les hommes… » (ar-Rûm, 30), jusqu’à Sa parole : « … tout en s’en réjouissant » (ar-Rûm, 32).
Ces personnes, tantôt considèrent le pèlerinage à leurs tombeaux comme supérieur au Ḥajj, tantôt comme équivalent au Ḥajj, et tantôt encore comme un substitut au Ḥajj. La réponse visait de tels individus, tout en mentionnant la tombe de notre Prophète – qu’Allah le bénisse et le salue – pour englober l’ensemble des textes légaux. En effet, lorsque l’on invoque la parole du Prophète ﷺ : « On ne bride les montures que pour trois mosquées », l’implication est qu’il n’est permis de voyager que vers la mosquée, et non vers la tombe seule.
C’est ainsi que Mâlik – qu’Allah l’agrée – répondit à celui qui l’interrogeait au sujet de quelqu’un ayant voué de se rendre à la tombe du Prophète ﷺ : « S’il entendait par là la Mosquée du Prophète ﷺ, qu’il s’y rende et y accomplisse la prière ; mais s’il visait la tombe, qu’il ne le fasse pas », en raison du ḥadith : « Les montures ne sont lancées que vers trois mosquées. »
Il en va de même lorsque l’on interdit aux gens de jurer par les créatures, en leur rappelant la parole du Prophète ﷺ : « Que celui qui doit jurer, qu’il jure par Allah ou qu’il se taise »(1), et sa parole ﷺ : « Ne jurez que par Allah »(2), et autres textes allant dans ce sens.
- Éd. de Qom (Iran) ; Ibn Ḥazm dans Al-Fasl fī al-milal wa al-nihal (t. 4, p. 181) et d’autres.
Où donc est cette prétention selon laquelle il serait né, se serait occulté et demeurerait dans le souterrain ?! etc.
Ceux qui affirment sa naissance se sont violemment contredits sur plusieurs points, et leur propos est réfutable de diverses manières :
1) Ils soutiennent que l’imam doit être lavé par un imam et que la prière funéraire doit être dite par un imam ; or cela n’a pas eu lieu, comme exposé plus haut.
2) Ils divergent sur l’année de sa naissance, ce qui montre leur mensonge et leur prétention : certains prétendent qu’il naquit huit mois après la mort de son père (Furūq al-Shī‘ah, p. 126) ; al-Arbīlī le fait naître le 23 ramadan 258 (Kashf al-Ghummah, t. 3, p. 227) ; al-Qūmī place sa naissance en 256 ; al-Mufīd (al-Irshād, p. 246) et al-Ṭabarsī (A‘lām al-Warā, p. 419) la fixent dans la nuit du 15 cha‘bān 255.
3) Ils ne s’accordent pas sur le nom de la servante qui l’aurait mis au monde : al-Mufīd l’appelle Nargīs (al-Irshād, p. 346) ; dans Kashf al-Ghummah (3/227) elle est nommée Ṣaqīl ou Ṣayqīl ; d’autres évoquent Ḥakīmah.
Quant aux Ahl as-Sunnah, gens du ḥadīth, ils professent que l’imam al-Mahdī apparaîtra à la fin des temps, comme l’a annoncé le Véridique (ṣallā Allāhu ‘alayhi wa ālih wa sallam) ; son nom sera identique à celui du Prophète (ṣallā Allāhu ‘alayhi wa ālih wa sallam) et celui de son père identique à celui du père du Prophète, c’est-à-dire Muḥammad ibn ‘Abd Allāh, issu de la descendance de Fāṭimah (qu’Allah soit satisfait d’elle), selon des traditions authentiques.
Voir :
• Cheikh Muḥammad ibn Ismā‘īl al-Muqaddam, « Al-Mahdī : Ḥaqīqah lā Khurāfah », Dār al-Īmān, Alexandrie.
• Dr ‘Abd al-‘alīm ‘Abd al-‘aẓīm al-Bastawī, « Al-Mahdī al-Muntaẓar fī Ḍaw’ al-Aḥādīth wa al-Āthār al-Ṣaḥīḥah », al-Maktabah al-Makkīyah & Dār Ibn Ḥazm.
• ‘Allāmah ‘Abd al-Muḥsin al-‘Abbād, « ‘Aqīdah Ahl al-Athar fī al-Mahdī al-Muntaẓar ».
(1) Rapporté par al-Bukhārī (6646) et Muslim (1646).
(2) Partie d’un ḥadīth rapporté par Abū Dāwūd (3248), al-Nasā’ī (7/5) et Ibn Ḥibbān (10/199/4357) d’après Abū Hurayrah, dont la formule est : « Ne jurez ni par vos pères, ni par vos mères, ni par des partenaires ; ne jurez qu’au nom d’Allah, et ne jurez par Allah que si vous êtes véridiques. » Hadith authentique.