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[Doctrine des Salaf concernant la visite de sa tombe – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui]
S’agissant de ce qu’il a rapporté quant à la multiplicité des transmissions émanant des Pieux Prédécesseurs incitant à cela, ainsi qu’au consensus verbal et pratique des gens, on répond :
Ce sur quoi les Anciens (salaf) et les Postérieurs (khalaf) se sont accordés – et que confirment les hadiths authentiques – consiste à voyager jusqu’à SA mosquée, à y prier et saluer le Prophète, à demander pour lui la Wassîlah et tout ce qu’Allah et Son Messager ont prescrit. Un tel voyage est légiféré, avec l’assentiment de l’ensemble des musulmans, des premières comme des dernières générations. C’est là l’intention des savants qui ont affirmé qu’il est recommandé de voyager pour visiter la tombe de notre Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue ; ils entendent par « voyager pour le visiter » le voyage vers sa mosquée. Ils ont, dans les rites du Ḥajj, mentionné qu’il est recommandé de visiter sa tombe ; tel est le sens de ceux qui ont relaté le consensus à ce sujet.
Ainsi, le Qâḍî ‘Iyâḍ a dit :
« La visite de sa tombe est une sunna unanimement reconnue parmi les musulmans, et une vertu vivement encouragée. »
Leur intention est donc la visite qu’ils ont définie et expliquée, comme l’a exposé le Qâḍî ‘Iyâḍ dans ce chapitre intitulé « Visite de sa tombe ».
L’imam Isḥâq ibn Ibrâhîm al-Faqîh a, pour sa part, déclaré :
« Il n’a jamais cessé d’être, pour quiconque accomplit le pèlerinage, de passer par Médine, avec l’intention de prier dans la Mosquée du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, de rechercher la bénédiction en contemplant sa Rauḍah, son minbar, sa tombe, le lieu où il s’asseyait, les endroits touchés par ses mains et foulés par ses pieds, le pilier auquel il s’adossait et sur lequel Jibrîl descendait avec la Révélation, ainsi qu’en se remémorant ceux qui l’ont fréquentée parmi les Compagnons, les Successeurs et les imams des musulmans, et en méditant sur tout cela. »
Je dis :
L’expression « visite de sa tombe » ne s’entend pas ici dans le même sens que la visite de la tombe d’un autre, car celle-ci est directement accessible : l’on s’y rend, on s’y assoit, et le visiteur peut accomplir ce que font habituellement les visiteurs des tombes, que cela relève de la sunna ou de l’innovation. Quant à lui – qu’Allah prie sur lui et le salue –, nul, lorsqu’il arrive à sa mosquée, ne peut pénétrer dans sa maison ni atteindre sa tombe ; on l’a en effet enterré dans sa demeure, à la différence des autres qui furent enterrés en rase campagne.
Ainsi est-il rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ, d’après ʿÂ’ishah – qu’Allah l’agrée – que, durant la maladie qui précéda sa mort, le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit :
« Qu’Allah maudisse les Juifs et les Chrétiens ; ils ont pris les tombes de leurs prophètes comme lieux de prière. »
Il mettait ainsi en garde contre ce qu’ils avaient fait.
ʿÂ’ishah ajouta : « N’eût été cela, sa tombe aurait été mise au jour ; mais on craignit qu’elle ne fût prise pour une mosquée. » On l’enterra donc dans sa maison afin que sa tombe ne devînt ni mosquée, ni lieu de fête, ni idole.
En effet, il est rapporté dans les Sunan d’Abû Dâwûd, par la chaîne d’Aḥmad ibn Ṣâliḥ – ʿAbdullâh ibn Nâfiʿ – Ibn Abî Dhîb – Saʿîd al-Maqburî, d’après Abû Hurayrah – qu’Allah l’agrée –, que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit :