Quant à la demeure d’ʿAlî, où il résidait avec Fâṭimah, elle se trouvait derrière la ḥujra de ʿÂʾishah – qu’Allah l’agrée –, et elle demeura ainsi jusqu’à ce qu’al-Walîd l’intégra à la Mosquée.
Parmi ce qui éclaire l’appellation de la ḥujra située en avant de la maison, il y a ce qui est rapporté dans les Sunan d’Abû Dâwûd et d’autres, d’après Ibn ʿUmar, qui dit :
Le Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – a dit :
« La prière de la femme dans sa maison est meilleure que sa prière dans sa ḥujra, et sa prière dans son makhdaʿ est meilleure que sa prière dans sa maison » (1).
Il apparaît ainsi que plus l’endroit la préserve des regards, meilleure est sa prière : le makhdaʿ est plus retiré que la pièce d’habitation, et la pièce d’habitation est plus retirée que la ḥujra, laquelle se trouve plus proche de la porte et de la voie publique.
Abû Zayd rapporta :
Muḥammad ibn Yaḥyâ nous narra – ʿAbd al-ʿAzîz ibn ʿImrân me le transmettant d’après ʿAbd Allâh ibn Abî ʿÂʾishah, d’après Muḥammad ibn Ibrâhîm ibn al-Ḥârith, d’après son père – qu’ʿUthmân ibn ʿAffân agrandit la Mosquée quatre années avant d’être assassiné : il édifia une coupole du côté de la qiblah, à l’emplacement de son mur qui correspond aujourd’hui au mur de la maqṣûrah ; il ajouta, à l’ouest, une colonne après la Murabbaʿah, et, du côté du Shâm, cinquante coudées ; il n’ajouta rien du côté oriental.
Abû Ghassân dit :
Plus d’un homme digne de confiance parmi les notables de la cité m’ont informé qu’ʿUthmân étendit le mur de la qiblah jusqu’à l’emplacement de la qiblah actuel, et que cela n’a plus été modifié jusqu’à ce jour.
Abû Zayd poursuivit :
Muḥammad ibn Yaḥyâ nous raconta – d’après ʿAbd al-Raḥmân ibn Saʿd, d’après ses shaykhs – qu’ʿUthmân intégra à la Mosquée la maison d’al-ʿAbbâs ibn ʿAbd al-Muṭṭalib du côté de la qiblah, du Shâm et de l’ouest, ainsi qu’une partie des demeures de Ḥafṣah bint ʿUmar du côté de la qiblah ; la Mosquée demeura ainsi jusqu’à ce qu’al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik procède à un nouvel agrandissement.
Et Muḥammad ibn Yaḥyâ nous transmit – par l’entremise d’un homme, d’après Ibn Abî al-Zinâd, d’après Khârijah ibn Zayd – qu’ʿUthmân avança la Mosquée, agrandit son côté qiblah sans rien ajouter à l’est, et l’élargit, à l’ouest, de la largeur d’une colonne ; il la bâtit en pierres sculptées et en qiṣṣah (2), et la revêtit de qiṣṣah. Zayd ibn Thâbit en mesura les colonnes et les ajusta à l’épaisseur des troncs de palmiers ; il y fit ouvrir des arcades sur les côtés est et ouest. Cela se produisit quatre années avant la mort d’ʿUthmân ; il y ajouta, vers le Shâm, cinquante coudées.
Je dis :
Les ḥujras des épouses du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – ne furent pas toutes édifiées lors de la construction initiale de la Mosquée ; à cette époque, il n’était pas encore marié à neuf épouses. Il érigea d’abord la ḥujra de ʿÂʾishah – qu’il avait épousée à La Mecque –, puis celle de Sawdah, puis celle de Ḥafṣah ; c’est pourquoi leurs ḥujras étaient attenantes à la Mosquée. La dernière qu’il épousa fut Ṣafiyyah bint Ḥuyayy, après la conquête de Khaybar, en l’an neuf de l’Hégire ; il lui bâtit alors une maison, et cette maison était plus éloignée de la Mosquée que