Intervenant : Je suis Jordanien, mais désormais Saoudien.
Le cheikh : Mais, à l’origine…
Intervenant : Mon père est Saoudien et ma mère Jordanienne, mais… Jordanien…
Le cheikh : Ma question était la suivante : as-tu vécu en Jordanie ?
Intervenant : Bien sûr, quarante ans.
Le cheikh : Voilà ce que je voulais savoir. As-tu entendu parler du mausolée d’Ibn…
Intervenant : Oui.
Le cheikh : Très bien ! As-tu vu cette immense tombe qu’ils ont construite ?
Intervenant : Oui.
Le cheikh : Tout cela… Les gens s’y rendent, la visitent et implorent Allah ﵎ en se réclamant de celui qui y est enterré. Cette calamité existe dans tous les pays du monde. Ni le cheikh al-Shaʿrâwî ni Kichk n’en disent un seul mot. Pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent pas affronter les masses ; celles-ci se détourneraient d’eux, alors qu’ils préfèrent gagner les cœurs avec de belles paroles doucereuses. À Damas, on trouve déjà cela ; à Alep, c’est encore plus sombre. Quant à toi… Pour ma part, je suis Albanais d’origine, puis Damascène, puis Jordanien ; je connais donc bien ces contrées, et chacune d’elles a — disons — ses mérites ou ses fléaux.
La Syrie compte, certes, des villes emblématiques comme Damas et Alep, et, entre les deux, Homs, Hama, etc. À Alep se dresse une grande mosquée omeyyade comparable à celle de la capitale. Dans la mosquée des Omeyyades de Damas, on prétend que Jean (Yahyâ) ﵇ y est enterré ; dans celle d’Alep, on dit — prétendent-ils — que repose son père, c’est-à-dire Zacharie. Et ces deux tombeaux attirent les visiteurs.