Al-Shaʿrâwî ressemble à un autre cheikh – bien qu’ils diffèrent à n’en pas douter – celui que l’on appelle Kichk ; vous en avez forcément entendu parler. L’un comme l’autre sont des conteurs populaire : telle est la nature des qaṣṣâṣ – ils attirent les gens autour d’eux et se laissent aller à de longs propos. Mais que quelqu’un assiste durant des années à leurs séances ; interrogez-le ensuite : « Qu’as-tu appris, concrètement, au sujet du licite et de l’illicite, du répréhensible, du recommandé et, plus largement, des règles de la sharîʿa ? » – vous ne trouverez chez lui strictement rien. Il ne possède que des récits, des historiettes, comme on dit, et il s’en trouve parfaitement satisfait… Au bout du compte, ces leçons ne produisent rien : avant toute chose elles devraient rectifier la croyance, et l’exemple que nous avons sous les yeux en atteste.
Il est d’autres exemples auxquels je ne veux pas m’arrêter maintenant. Demandez donc aux simples fidèles, à plus forte raison aux gens de science : « De qui est la parole du Coran ? » Tous les musulmans répondront : « C’est la parole d’Allah. » Cependant, si vous débattez avec al-Shaʿrâwî et ses semblables parmi les ashʿarites ou les muʿtazilites, ils tourneront autour de vous jusqu’à vous faire quitter cette croyance pour finir par dire que ce Coran n’est pas la parole d’Allah – non pas ouvertement, de peur que leur mauvaise odeur ne les trahisse. Or le Coran est bel et bien la parole d’Allah : « Et Allah parla à Moïse de vive voix » (An-Nisâʾ, 164), de même que la Torah et l’Évangile sont des Livres qu’Allah a fait descendre sur Ses messagers élus et vertueux.
Ainsi, la croyance – qui doit être enseignée par tous les savants en toute circonstance – n’est guère le sujet d’al-Shaʿrâwî ni de ce Kichk. Descendons d’un cran : as-tu jamais entendu al-Shaʿrâwî expliquer aux gens la prière que le Très-Haut nous ordonne en ces mots : « Accomplissez la prière, acquittez la zakât et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent » (Al-Baqara, 43) ? Certes, il t’a exhorté – qu’Allah le récompense, nul ne saurait le nier – et il ne t’a pas demandé : comment… la prière, si tu pries ou non, et tout ce que tu as évoqué. Mais t’a-t-il dit comment il convient de prier ? Je t’annonce d’emblée : non. Pourquoi ? Si