Il serait proprement choquant de penser qu’un homme de sa trempe n’ait jamais entendu ce hadith authentique. De quel hadith s’agit-il ?
Prête maintenant une attention particulière : le récit est assez long, mais je n’en retiendrai que ce qui convient à notre propos. Il s’agit d’un Compagnon du Messager d’Allah, paix et salut sur lui, nommé Muʿâwiya ibn al-Hakam as-Sulamî. Il se rendit un jour auprès du Prophète et lui dit :
« Ô Messager d’Allah ! J’ai une esclave qui garde mes brebis dans les environs de Médine. Or, un jour, un loup s’est jeté sur mon troupeau ; je suis un homme, je me mets en colère comme tout homme, et je lui ai alors donné une gifle sur la joue. Ô Messager d’Allah, je dois affranchir un esclave en expiation ; puis-je la libérer, elle, pour compenser mon tort ? »
Le Prophète, paix et salut sur lui, lui répondit : « Amène-la. » Lorsqu’elle se présenta, il lui demanda – et c’est là le point décisif – : « Où est Allah ? » Elle répondit : « Au ciel. » Il poursuivit : « Et qui suis-je ? » – « Tu es le Messager d’Allah. » Le Prophète se tourna alors vers son maître et déclara : « Affranchis-la, car elle est croyante. »
Ainsi, celui qui a posé la question « Où est Allah ? » n’est autre que le Messager d’Allah lui-même, et la jeune esclave a affirmé qu’Il est « au ciel » – c’est-à-dire, au-dessus de tout.
Or, al-Chaʿrâwî et, avec lui, nombre de savants d’al-Azhar refusent de reconnaître qu’Allah est au-dessus des cieux. Bien des gens comme eux répètent une expression devenue courante : « Allah est partout ; Allah est présent dans toute existence. » C’est là un acte de mécréance, alors que, comme Allah le dit : « Mais la plupart des gens ne savent pas. » (Al-Aʿrâf, 187).
Pourquoi est-ce une mécréance ? Parce que cela contredit d’abord la Parole du Très-Haut dans la sourate al-Mulk : « Vous sentez-vous à l’abri de Celui qui est au ciel, qu’Il ne fasse s’effondrer la terre sous vos pieds, et la voilà qui tremble ? Ou vous sentez-vous à l’abri de Celui qui est au ciel, qu’Il ne lance contre vous un vent de pierres ? Alors vous saurez quel fut Mon avertissement. » (16-17).
À cet égard, la petite esclave se révèle plus savante qu’al-Chaʿrâwî et consorts : elle a su donner la réponse qui valut le témoignage du Prophète en sa faveur – « affranchis-la, car elle est croyante » –, pour avoir attesté qu’Allah