Dans une version rapportée par Muslim, Abū Hurayra — qu’Allah l’agrée — rapporte du Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut — :
« Une fourmi piqua l’un des prophètes. Il ordonna alors que la colonie de fourmis fût brûlée. Allah lui révéla : “Est-ce parce qu’une fourmi t’a piqué que tu as anéanti toute une communauté qui glorifie Allah ?” »
« Elle le piqua » signifie qu’elle le mordit. Par « ses affaires », il faut entendre ses effets personnels.
La « colonie de fourmis » désigne le lieu où elles se rassemblent.
« Pourquoi ne pas en avoir brûlé une seule ? » signifie : pourquoi n’as-tu pas brûlé une seule fourmi, celle qui t’avait fait du mal, contrairement aux autres, qui n’avaient commis aucun tort ?
Parmi les enseignements à tirer de ce récit :
1 - Ce hadith doit être compris en ce sens qu’il était permis, dans la loi de ce prophète, de tuer les fourmis et de châtier par le feu. Dans notre Loi, en revanche, il n’est pas permis de brûler des êtres vivants, excepté dans le cadre du talion et sous réserve que ses conditions soient réunies. Ainsi, lorsqu’un homme brûle une personne qui en meurt, l’ayant droit de la victime peut exercer le talion en faisant brûler l’auteur du crime.
2 - Il n’est pas permis de tuer les fourmis, pas plus qu’il n’est permis de tuer les autres animaux, sauf celui qui attaque (c’est-à-dire l’agresseur) ou qui est nuisible ; il est alors permis de le tuer. Ibn Abbās — qu’Allah les agrée, lui et son père — rapporte en effet : « Le Prophète — sur lui la prière et le salut — a interdit de tuer quatre créatures : la fourmi, l’abeille, la huppe et la pie-grièche. » (Hadith authentique rapporté par Abū Dāwūd).