Parmi les enseignements à tirer de ce récit :
1 - La sagacité et la compréhension sont un don d’Allah — exalté soit-Il — qui ne dépend ni d’un âge avancé ni de la jeunesse.
2 - La vérité ne se trouve que d’un seul côté.
3 - Il est permis aux prophètes de rendre un jugement en recourant à l’effort d’interprétation, bien qu’ils puissent recevoir par la Révélation un texte explicite. Cela accroît cependant leur récompense, et ils sont préservés de l’erreur à cet égard : en vertu de leur impeccabilité, ils ne sauraient en effet être maintenus dans le faux.
3 - Il est permis de recourir à des stratagèmes dans les affaires judiciaires afin de faire apparaître les droits de chacun. Cela exige toutefois une sagacité accrue et une solide expérience des situations.
3 - L’épreuve du prophète d’Allah Job — sur lui la paix —
Anas fils de Mālik — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut — a dit :
« Le prophète d’Allah Job — sur lui la prière et la paix — demeura éprouvé durant dix-huit ans. Proches et gens plus éloignés l’abandonnèrent, à l’exception de deux de ses frères qui continuaient à lui rendre visite matin et soir.
Un jour, l’un d’eux dit à son compagnon : “Sais-tu ? Par Allah, Job a commis un péché que nul autre au monde n’a commis !”
Son compagnon lui demanda : “Lequel ?”
Il répondit : “Voilà dix-huit ans qu’Allah ne lui a pas fait miséricorde en le délivrant de son mal.”
Lorsqu’ils se rendirent auprès de Job le soir, l’homme ne put se retenir de lui rapporter ces propos. Job répondit : “Je ne sais de quoi vous parlez. Je sais seulement qu’Allah — Très-Haut — sait que je passais parfois près de deux hommes qui se querellaient et mentionnaient Allah. Je rentrais alors chez moi et accomplissais une expiation pour eux, car je répugnais à ce que le nom d’Allah fût mentionné autrement qu’à bon droit.”
Il sortait pour satisfaire ses besoins naturels. Lorsqu’il avait terminé, sa femme le tenait par la main jusqu’à ce qu’il fût arrivé. Or, un jour, il tarda à revenir auprès d’elle, tandis qu’il fut révélé à Job :
“Frappe du pied ! Voici une eau fraîche pour te laver et de quoi boire.” (Sād : 42)
Le trouvant long à revenir, elle alla à sa rencontre et le vit s’avancer vers elle : Allah l’avait délivré de son épreuve et il se trouvait dans le plus bel état qu’il eût jamais connu. Lorsqu’elle le vit, elle lui dit : “Dis-moi, qu’Allah te bénisse, as-tu vu ce prophète d’Allah accablé par l’épreuve ? Par Allah, malgré tout, je n’ai jamais vu quelqu’un lui ressembler autant que toi lorsqu’il était bien portant.”
Il répondit : “C’est bien moi.”
Il possédait deux andar (c’est-à-dire deux aires de battage) : l’une destinée au blé et l’autre à l’orge. Allah envoya alors deux nuages. Lorsque l’un d’eux se trouva au-dessus de l’aire réservée au blé, il y déversa de l’or jusqu’à ce qu’elle débordât ; l’autre déversa de l’argent dans l’aire réservée à l’orge jusqu’à ce qu’elle débordât. »
[Rapporté par Abū Ya‘lā dans son (Musnad) et par Abū Nu‘aym dans (al-Hilya), et jugé authentique par al-Albānī].