par un bien conforme à la Loi, autant que possible, car l’âme n’abandonne jamais une chose que pour une autre, et nul ne doit renoncer à un bien si ce n’est pour un bien équivalent ou meilleur.
La vénération du Mawlid et le fait d’en faire une fête, par exemple, peuvent être pratiqués par certaines personnes et leur valoir une immense récompense, en raison de la sincérité de leur intention et de la grandeur de leur estime pour l’Envoyé d’Allah — paix et bénédictions sur lui. Je t’ai déjà exposé qu’il arrive qu’une chose soit acceptable chez certains alors qu’elle serait blâmable chez le croyant justement guidé. C’est dans ce sens que l’on rapporta à l’imam Ahmad qu’un émir avait dépensé mille dinars — ou une somme voisine — pour un exemplaire du Coran richement orné ; il répondit : « Laisse-le donc, car c’est là la meilleure destination possible pour l’or », ou des paroles de même teneur, alors même que son école juge répréhensible l’ornementation des moushafs.
Certains de ses condisciples ont expliqué qu’il s’agissait de renouveler le papier et la calligraphie, mais telle n’était pas l’intention d’Ahmad. Il voulait seulement dire que cette œuvre comporte un intérêt, mais aussi un inconvénient qui la rend détestable ; or, si ces gens ne dépensaient pas ainsi leur argent, ils le consacreraient à une corruption dépourvue de tout bien, telle que l’achat de livres de turpitude : traités d’occultisme, recueils de poésie frivole ou œuvres de la « sagesse » perse et romaine.
Prends donc conscience de la réalité de la religion et examine ce que recèlent les actes en termes d’intérêts légitimes et de corruptions, afin de connaître l’ordre des