2 – Les gens de l’innovation se réclament d’un passage d’Ibn Taymiyya – qu’Allah lui fasse miséricorde – dans son ouvrage « Iqtiḍâʾ al-Ṣirâṭ al-Mustaqîm », qu’ils tronquent. En voici le texte complet :
« Ce que certains instaurent, soit pour imiter les chrétiens à l’occasion de la naissance de Jésus – paix sur lui –, soit par amour et par vénération pour le Prophète – paix et bénédictions sur lui –, à savoir transformer la naissance du Prophète en fête religieuse, Allah peut certes les récompenser pour cet amour et cet effort – mais non pour l’innovation – alors même que l’on diverge sur la date de sa naissance. Les pieux prédécesseurs ne l’ont pourtant pas fait, alors qu’aucun obstacle ne les en empêchait et que les motifs d’agir existaient déjà, si vraiment c’eût été un bien. Si cela avait été un bien pur ou même prépondérant, les prédécesseurs – qu’Allah les agrée – en auraient eu bien davantage le droit que nous, car ils aimaient le Messager d’Allah et le vénéraient plus que nous, et ils étaient davantage soucieux du bien.
La perfection de son amour et de sa vénération réside plutôt dans le fait de le suivre, de lui obéir, de se conformer à ses ordres, de ranimer sa sunna intérieurement et extérieurement, de diffuser le message qu’il a apporté et de lutter pour cela par le cœur, la main et la langue. Tel est le chemin des premiers devanciers, parmi les Émigrés et les Auxiliaires, ainsi que de ceux qui les suivent avec bienfaisance. Or, la plupart de ceux que tu vois empressés autour de telles innovations – malgré leurs bonnes intentions et les efforts pour lesquels on peut espérer une récompense – se montrent tièdes lorsqu’il s’agit des affaires du Messager qui appellent leur ardeur. Ils sont comme celui qui orne le muṣḥaf sans le lire, ou qui le lit sans s’y conformer, et encore comme celui qui