2 – Ce récit n’est pas valable : il est mursal (chaîne interrompue) bien qu’il ait été rapporté par al-Bukhârî. L’érudit Ibn Ḥajar précise : « Le récit est mursal : ʿUrwa l’a transmis sans nommer celui qui le lui a rapporté ; et, à supposer même qu’il soit relié, il s’agit d’un songe, lequel ne constitue aucune preuve. Il se peut, en outre, que celui qui l’a vu n’eût pas encore embrassé l’islam ; on ne saurait donc s’y appuyer. » (1). (Seule la partie que nous avons citée nous importe ; la portion attribuée au Prophète — paix et bénédictions sur lui — que nous n’avons pas rapportée ne nous concerne pas.)
3 – Ce même récit n’a de toute façon aucune force probante, quand bien même il serait relié, car il ne rapporte qu’un rêve que l’auteur a peut-être vu alors qu’il était encore mécréant. Ibn Ḥajar dit : « Il s’agit d’une vision onirique, qui ne saurait servir d’argument ; il se peut que celui qui l’a vue n’eût pas encore accepté l’islam, on ne peut donc s’y référer. » (2).
4 – Le mursal de ʿUrwa affirme qu’Abû Lahab aurait affranchi Thuwayba avant qu’elle n’allaite le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, ce qui contredit les données des historiens, selon lesquelles il ne l’aurait affranchie que bien longtemps après cette tétée. Ibn Ḥajar le signale dans Fatḥ al-Bârî (3).