Considère donc, en ce mois béni — dans la situation présente — comment ils s’y livrent aux jeux et aux danses, sans verser de larmes ni éprouver le moindre chagrin. Or, s’ils se mettaient à pleurer et à s’attrister, cela serait déjà plus conforme à la réalité ; toutefois, même s’ils s’y astreignaient, cela demeurerait une innovation. Certes, la tristesse pour lui — paix et bénédiction sur lui — est un devoir permanent pour tout musulman ; mais elle ne doit pas prendre la forme de réunions organisées à cet effet, de pleurs théâtralisés ou d’ostentation du deuil. Cette peine, j’entends la tristesse, doit résider dans les cœurs : si l’œil verse des larmes, tant mieux ; sinon, nulle faute, pourvu que le cœur reste rempli de tristesse et de regret, car tel est le véritable objectif.
Si l’on insiste sur ce point, c’est parce qu’ils se sont adonnés aux divertissements qui procurent du réconfort à l’âme : jeux, danses, tambourins, flûtes et tout ce qui a été mentionné plus haut, contrairement aux pleurs et à la douleur, lesquels n’apportent aucun apaisement à l’âme, mais plutôt le chagrin et la contrainte de ses passions et plaisirs.
Supposons que quelqu’un dise : « J’organise le mawlid pour me réjouir de sa naissance — paix et bénédiction sur lui — puis je réserverai un autre jour aux lamentations, au deuil et aux pleurs relatifs à son décès. »
La réponse est la suivante : il a déjà été établi que celui qui prépare un repas dans la seule intention de célébrer le mawlid et y convie ses frères commet une innovation ; et cela ne concerne qu’un acte unique, dont l’apparence extérieure n’est rien d’autre que piété et recherche de proximité. Que dire, alors, de celui qui réunit tout un ensemble d’innovations dans