ce dans quoi se sont fourvoyés les chrétiens, et qui fut la cause de leur égarement.
Quant aux mawlids que l’on organise aujourd’hui, ils représentent l’une des formes d’exagération les plus flagrantes. Si, dans ces mawlids—où l’on dépense des sommes colossales et où l’on entonne des panégyriques prophétiques qui recèlent les pires excès, allant jusqu’à lui attribuer des prérogatives divines—il n’y a pas là d’excès, où donc pourrait-il se trouver ?
Onzième point :
La célébration innovée du mawlid dépasse la limite légale dans l’amour que nous devons au Prophète — paix et bénédiction sur lui — et outrepasse la limite fixée pour l’instauration des fêtes, car la législation musulmane ne reconnaît que deux fêtes : la fête de la rupture du jeûne et celle du sacrifice. Quiconque en introduit une troisième franchit donc la limite établie. Plus encore, les adeptes du mawlid placent cette célébration innovée au-dessus des deux fêtes du Fitr et du Adhâ, comme on l’entend tout au long du mois de Rabîʿ al-Awwal sur la Radio du Coran d’Égypte dans les chants (tawshîḥ) de Tâha al-Fashnî disant :
« La naissance de Tâhâ est la plus noble des fêtes,
annonciatrice de tout bien et de toute félicité. »
On peut citer également les chants de al-Naqshabandî qui disent :
« Voici que Rabîʿ est venu, bienvenue à son croissant ;
avec lui, la félicité s’avance en même temps que lui.
Ce mois a réjoui le temps lui-même ; il mérite
de surpasser tous ses pareils en noblesse.
Si les fêtes se sont embellies, c’est qu’elles ont réuni
pour parer leur splendeur la beauté unique de sa personne. »