Les mawlids des saints
Il est rapporté du Prophète — paix et bénédictions sur lui — ainsi que des salaf qu’ils ont interdit, aussi bien d’une manière générale que particulière, de transformer les tombes des prophètes et des vertueux en lieux de fête.
S’agissant de l’interdiction générale, le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — a dit : « Ne faites pas de vos demeures des cimetières et ne transformez pas ma tombe en lieu de fête. Invoquez plutôt la bénédiction sur moi, car vos prières me parviennent où que vous soyez. » (rapporté par Abû Dâwûd et jugé authentique par al-Albânî).
L’argument est le suivant : la tombe du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — est la plus noble qui soit sur terre, pourtant il a interdit d’en faire une fête. À plus forte raison convient-il de prohiber pareille pratique à l’égard de toute autre tombe, quelle que soit la personne. Il a d’ailleurs associé cette défense à l’injonction : « Ne faites pas de vos demeures des cimetières », c’est-à-dire : ne les privez ni de la prière, ni des invocations, ni de la récitation, de peur qu’elles ne deviennent semblables à des cimetières. Il a donc ordonné de rechercher l’adoration à la maison et interdit de la privilégier auprès des tombes, à l’inverse de ce que font les polythéistes parmi les chrétiens et ceux qui les imitent.
Enfin, après avoir proscrit de prendre sa tombe pour une fête, il a ajouté : « Invoquez la bénédiction sur moi, car vos prières me parviennent où que vous soyez. » Par ces mots, il indique que les prières et salutations que vous formulez pour moi m’atteignent aussi bien lorsque vous êtes proches de ma tombe que lorsque vous en êtes éloignés ; il est donc inutile d’en faire un lieu de célébration.