et aux pratiques surérogatoires ; leur ardeur pour celles-ci s’émousse. Tu vois ainsi l’homme redoubler d’efforts dans cette célébration, y manifester sincérité, repentir et assiduité, accomplissant là ce qu’il ne fait ni dans les obligations ni dans la sunna. Il en arrive à traiter cette innovation comme une véritable adoration, tandis qu’il n’exécute les obligations et les sunan qu’en simple routine, comme une formalité – inverse complet de la religion. Il se prive donc de ce que recèlent les obligations et les pratiques surérogatoires : pardon et miséricorde, tendresse du cœur, pureté, recueillement, exaucement de la prière, douceur de l’intime entretien avec Dieu, et bien d’autres bienfaits encore. S’il ne les perd pas tous, il en perdra à tout le moins la plénitude.
Autre conséquence : le bien devient blâmable et le blâmable acceptable, si bien que la plupart des gens méconnaissent la religion des envoyés et que les semences de la jāhiliyya se répandent.
S’y ajoute l’inclination secrète de la nature humaine à se soustraire au joug du suivi et à quitter la voie droite ; car l’âme contient une part d’orgueil qui la pousse, autant que possible, à s’affranchir de la servitude et de l’obéissance. Abû ‘Uthmân an-Naysâbûrî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : « Nul n’abandonne un élément de la sunna si ce n’est par orgueil en lui-même. » Cela devient alors un appel pour d’autres : le cœur se dépouille de la véritable adhésion au Messager – paix et bénédictions sur lui – et s’emplit d’orgueil et de faiblesse de foi au point de corrompre, ou presque, la religion de l’intéressé, alors qu’il s’imagine accomplir le bien.