En effet, dans la plupart de ces cas, l’auteur du vœu ne vise qu’à se pousser lui-même à accomplir l’acte ; il ne recherche pas à travers cela la proximité d’Allah — Très-haut —, sachant que cet acte n’est pas, en soi, une œuvre méritoire. Son engagement équivaut alors à ces paroles : « Par Allah, je répudierai mon épouse », ou : « je voyagerai », ou : « je mangerai » ; selon cette considération, il doit s’acquitter de la kaffâra d’un serment. Telle est une parole correcte, et c’est l’avis d’Aḥmad, d’Abû Ḥanîfa et d’autres.
De même, s’il fait le vœu d’une désobéissance avec l’intention d’un serment — par exemple en disant : « Il m’incombe, pour Allah, de tuer un tel », ou : « Si Allah me livre un tel, il m’incombe, pour Allah, de le tuer », et choses analogues — sans chercher, par ce meurtre, à se rapprocher d’Allah, mais seulement à se stimuler lui-même à passer à l’acte, il en va de même. C’est dans ce sens qu’il a été dit (1) :
« Puisse-t-il se trouver parmi les tiens des hommes qui aient voué [mon sang] » (2),
et encore (3) :
« Et ceux qui ont prononcé des vœux, lorsque je les rencontrai, [portaient mon sang] » (4).
Le vœu de ces personnes prend donc la valeur d’un serment ; elles ne cherchaient pas par là à se rapprocher d’Allah — Très-haut —, et, dans ce cas, la kaffâra d’un serment est requise.
Quant à celui qui entend, par un vœu portant sur une chose permise ou même sur un acte de désobéissance, se rapprocher d’Allah — Très-haut —, c’est-à-dire qu’il estime