Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

En effet, dans la plupart de ces cas, l’auteur du vœu ne vise qu’à se pousser lui-même à accomplir l’acte ; il ne recherche pas à travers cela la proximité d’Allah — Très-haut —, sachant que cet acte n’est pas, en soi, une œuvre méritoire. Son engagement équivaut alors à ces paroles : « Par Allah, je répudierai mon épouse », ou : « je voyagerai », ou : « je mangerai » ; selon cette considération, il doit s’acquitter de la kaffâra d’un serment. Telle est une parole correcte, et c’est l’avis d’Aḥmad, d’Abû Ḥanîfa et d’autres.

De même, s’il fait le vœu d’une désobéissance avec l’intention d’un serment — par exemple en disant : « Il m’incombe, pour Allah, de tuer un tel », ou : « Si Allah me livre un tel, il m’incombe, pour Allah, de le tuer », et choses analogues — sans chercher, par ce meurtre, à se rapprocher d’Allah, mais seulement à se stimuler lui-même à passer à l’acte, il en va de même. C’est dans ce sens qu’il a été dit (1) :
« Puisse-t-il se trouver parmi les tiens des hommes qui aient voué [mon sang] » (2),
et encore (3) :
« Et ceux qui ont prononcé des vœux, lorsque je les rencontrai, [portaient mon sang] » (4).
Le vœu de ces personnes prend donc la valeur d’un serment ; elles ne cherchaient pas par là à se rapprocher d’Allah — Très-haut —, et, dans ce cas, la kaffâra d’un serment est requise.

Quant à celui qui entend, par un vœu portant sur une chose permise ou même sur un acte de désobéissance, se rapprocher d’Allah — Très-haut —, c’est-à-dire qu’il estime

(1) Lacune d’un mot ; dans al-Taḥqīq (p. 54/A) : Jamīl b. Muʿammar. (2) Lecture adoptée ici ; d’après le Dīwān de Jamīl b. Buthayna (p. 124) : « Puisse-je avoir auprès de toi des hommes qui ont voué mon sang… et qui ont projeté de me tuer, ô Buthayna, qu’ils me rencontrent ! » (3) Lacune d’un mot ; dans al-Taḥqīq (p. 54/A) : ʿAntara al-ʿAbsī. (4) Lecture adoptée ici ; d’après le Dīwān d’ʿAntara (p. 222) : « Les insultes visent mon honneur, et je ne les ai pas proférées… Quant à ceux qui ont juré de me tuer, si je ne les rencontre pas, [c’est] mon sang. »
ذلك، فإنَّ عامة هذا يَقْصِدُ به الناذر حَضَّ نفسه على الفعل، لا يقصد به التقرب إلى الله ــ تعالى ــ، فإنه يعلم أَنَّ هذا ليس بقربة، فيكون هذا بمنزلة قوله: والله لأطلقنَّ امرأتي أو لأسافرنَّ أو لآكلنَّ فيلزمه كفارة يمين بهذا الاعتبار، وهذا [٢٦٣/ ب] كلامٌ صحيح، وهو مذهب أحمد وأبي حنيفة وغيرهما. فكذلك لو نَذَرَ المعصية يقصد بذلك اليمين، كما يقول: لله عليَّ أَنْ أقتل فلانًا، وَإِنْ أظفرني الله بفلان فلله عليَّ أَنْ أقتله ونحو ذلك، وهو لا يقصد التقرب بقتله، بل يَقصد حضَّ نفسه على القتل؛ كما قال [ ... ] (١) : فليتَ رجالًا منكِ قد نذروا [دمي] (٢) وقال [ ... ] (٣) : والنَّاذِرِينَ إذا لَقِيتُهُمَا [دَمِي] (٤) فنذر هؤلاء كان معناه معنى اليمين، لم يقصدوا بذلك التقرب إلى الله ــ تعالى ــ، فهذا فيه كفارة يمين. وأما إذا قصد التقرب بالمباح أو المعصية إلى الله ــ تعالى ــ بأنْ يعتقد
(١) بياض مقدار كلمة، وفي «التحقيق» (٥٤/ أ): جميل بن معمر. (٢) كذا قرأتها، وفي ديوان جميل بثينة (ص ١٢٤): فليت رجالًا فيكِ قد نذروا دمي ... وهَمُّوا بقتلي يا بثينُ لَقُونِي (٣) بياض مقدار كلمة، وفي «التحقيق» (٥٤/ أ): عنترة العبسي. (٤) كذا قرأتها، وفي ديوان عنترة (ص ٢٢٢): الشَّاتِمِي عِرْضِي ولم أَشْتُمْهُمَا ... والناذرينَ إذا لم أَلْقَهُمَا دَمِي

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