et, ce faisant, il ne se rend pas non plus coupable de diffamation contre sa propre personne.
De même, s’il déclare : « Si j’accomplis telle chose, je serai un enfant adultérin », ou : « Si je n’accomplis pas telle chose, je ne serai pas le fils d’Untel », et toutes les formulations similaires par lesquelles il suspend à une condition quelque chose dont il répugnerait à assumer la conséquence, aucun effet juridique n’en découle selon la Loi sacrée. En effet, il est notoire qu’il ne veut pas réellement, par cette parole, reconnaître ces actes dans l’éventualité envisagée, ni se désavouer de sa filiation ; or, un tel désaveu ne serait pas valide, quand bien même il le viserait. Et quand bien même cet aveu serait véridique, il n’impliquerait aucune atteinte à une inviolabilité protégée.
Cela constitue également un argument à l’encontre de cet homme et de ses semblables ; il met en évidence la distinction entre la suspension assortie de l’intention de rendre obligatoire ce qui est suspendu, et la suspension où pareille intention est absente. Ainsi, s’il disait : « Au premier du mois, je devrai à Untel mille dirhams » ; ou si l’on lui demandait : « As-tu pris l’argent de Untel qui se trouvait chez lui ? », et qu’il répondait : « Vérifiez ; s’il se trouve quelque chose chez moi, c’est que je l’ai pris » ; ou encore : « Si j’ai remis à Untel mille dirhams, j’en suis garant à ton égard », et autres propos analogues, il s’agirait là d’une suspension qu’il entend rendre effective.
En revanche, si on lui disait : « Voyage avec nous », et qu’il répliquait : « Si je voyage avec vous, je vous devrai mille dirhams », aucune obligation ne pèserait sur lui, pas plus que s’il avait déclaré : « Si je voyage avec vous, je serai fornicateur ou voleur. » Si, à chaque suspension, l’intention d’assumer l’obligation était requise, il serait tenu dans ce dernier cas comme il l’est dans le premier.
Il en va de même lorsque, sur un navire devenu trop chargé, certains passagers s’adressent au propriétaire d’une cargaison lourde — plomb, fer ou autre — et lui disent : « Si tu jettes ta marchandise à la mer, j’en prends la garantie », ou : « Jette ta marchandise à la mer, je m’en porte garant », ou encore : « Je prends à ma charge le prix pour lequel tu l’as achetée, à savoir mille. » Il s’agit alors d’une garantie subordonnée à une condition.
Mais s’il déclare sous forme de serment : « Si je voyage avec vous, je vous devrai mille dirhams », cela ne constitue pas une garantie. De même, s’il dit : « Si tu affranchis ton esclave pour moi, j’en assumerai la valeur », ou encore