Ainsi, lorsque sa volonté de repousser ce qui est réprouvé (1) est la plus forte, il le repousse, même si le bien-aimé vient à manquer (2) ; et lorsque sa volonté d’obtenir ce qu’il aime est la plus forte, il le recherche, même si le réprouvé survient (3).
Un tel cas se présente fréquemment dans le divorce conditionné : lorsqu’il le fait dépendre de la survenue d’un acte détesté, tel que la désobéissance de son épouse, le tort qu’elle lui cause dans sa personne, ses biens ou son honneur, ou dans ses enfants, sa mère, ses voisins [7/A] ou ses amis, ou encore du fait qu’elle commette une chose condamnée par la religion, et autres situations semblables. Il déteste cet acte, mais il l’aime, et il exècre son divorce ; se trouvent donc réunis ici ce qu’il aime et ce qu’il déteste. Il souhaite dès lors la dissuader de l’acte réprouvé et lui dit : « Ne fais pas cela. »
Il arrive qu’il lui fasse serment de ne pas le faire, sans pourtant vouloir la divorcer si elle le commet, car son désir de la garder auprès de lui est plus fort que sa volonté de repousser ce qu’il réprouve. Ainsi, bien qu’il arrive parfois qu’elle le trahisse dans une partie de ses biens, qu’elle l’injurie, qu’elle frappe ses enfants, qu’elle sorte de la maison sans sa permission, qu’elle dépense son argent pour sa famille, ou qu’elle se refuse parfois à son lit, tout cela il le déteste et le lui interdit ; mais la séparation d’avec elle lui est plus odieuse et plus pénible que de la laisser demeurer dans cet état.
Il en est de même pour l’homme qui a un fils qui le maltraite : il l’en empêche et lui fait serment (4) qu’il ne lui fera plus de tort, sans pour autant choisir de se séparer de son fils, même si celui-ci persiste à le faire souffrir. De même encore pour son esclave ou son ami : dans de telles situations, il jure à l’un d’eux de