Et j’accorde des circonstances atténuantes à l’opposant et à ses semblables pour bien des propos qu’ils tiennent ; en effet, des personnes plus éminentes qu’eux se sont trompées sur certains points, et eux ont ajouté à cette erreur, de sorte qu’elle s’est trouvée décuplée tandis que leur maîtrise du Livre, de la Sunna et du sens des paroles des Compagnons et de ceux qui les suivent s’est affaiblie.
Bien qu’il se soit mépris sur ces passages, il a cependant visé juste et parlé à propos lorsqu’il a déclaré :
(« Quant à cette opinion, arrêtée après examen approfondi par les auteurs postérieurs — à savoir que l’obligation réside exclusivement dans l’expiation, si bien que, même si l’on accomplit ce à quoi l’on s’est engagé, cela ne suffit pas — je ne lui connais à présent aucune preuve, ni textuelle ni rationnelle. »)(1)
Cette thèse est, en vérité, d’une extrême faiblesse, et il a eu raison d’en montrer la fragilité ; elle contredit même le consensus rapporté par l’imâm Aḥmad — lequel faisait preuve d’une grande rigueur dans la transmission de l’ijmâʿ —, et Aḥmad réfutait quiconque affirmait catégoriquement un consensus, lui enjoignant de dire : « Je ne connais pas de divergence. »
Cependant, l’idée qu’a eue cet objecteur, selon laquelle l’argument du répondant ne vaudrait que si l’on soutenait cette opinion caduque, marginale et contraire à l’unanimité des Salaf, est une supposition erronée. J’admets, au contraire, l’erreur de cette opinion et l’affirme fermement, tout en étant certain que l’engagement en question constitue un serment soumis à expiation ; l’affaire relève donc du raisonnement analogique.
La cause de cette confusion est la suivante : le serment formulé sous condition, tel que l’on dit : « Si je ne te sépare pas de ta femme, que tout mon bien soit offert en sacrifice, que tout esclave que je possède soit affranchi, que je sois un jour juif et un autre chrétien », ou encore : « Si j’accomplis telle action, le pèlerinage m’incombera », et ce qui y ressemble, n’entraîne la violation requérant l’expiation que lorsque la condition se réalise sans que la compensation fixée soit exécutée. Car ses paroles impliquent que la compensation devient obligatoire dès que la condition advient ; si, donc, la condition et la compensation se réalisent toutes deux, il n’a pas