Il est notoire que, lorsqu’un terme est établi en tant que signifiant à titre propre cette signification commune, nous sommes préservés de la métaphore et de l’homonymie (1), toutes deux contraires au principe. Le mot devient alors réellement univoque quant à cette signification générale partagée grâce à une communauté de sens. Or, il ne fait aucun doute que l’univocité est préférable à l’homonymie et à la métaphore ; conférer au mot son sens propre sur ce dénominateur commun est donc plus indiqué que de le tenir pour figuré. Cette signification commune se retrouve dans le serment formulé au moyen du divorce ou de l’affranchissement ; le nom de « serment » s’applique dès lors en propre à l’ensemble de ces formulations : c’est précisément ce qui était recherché.
Deuxième volet : les Compagnons du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue —, à la langue desquels le Coran fut révélé, ont qualifié ces formules conditionnelles de serments et les ont incluses dans le verset ; ils n’ont pas établi leur statut par le seul raisonnement analogique, ainsi qu’il l’a prétendu. Il en découle qu’il s’agit, dans leur langue, d’un serment inclus dans l’appellation de serment mentionnée dans le Livre d’Allah — Très-Haut. La grande majorité des savants les ont suivis ; tel est l’avis de l’imâm ach-Châfi‘î, de l’imâm Aḥmad et d’autres encore, lesquels ont clairement affirmé que ces formules conditionnelles relèvent de la signification des serments et non de celle des vœux.
Troisième volet : le dénominateur commun en vertu duquel ces formulations ont été considérées comme des serments — que ce soit quant au nom et à la règle, ou quant à la règle seule — n’est pas, comme le prétend cet objecteur et ceux qui pensent comme lui, que la chose subordonnée consiste à s’obliger à un acte ; ce sens existe en effet dans le vœu de piété (nadhru-t-tabarrur), où la condition porte justement sur l’engagement d’un acte. (2) Il n’existe aucune différence, quant au fait que la chose subordonnée, c’est-à-dire la contrepartie, soit l’engagement d’un acte, entre la parole : « Si Allah guérit mon malade, il m’incombe d’accomplir le pèlerinage » et celle : « Si je voyage avec vous, il m’incombe d’accomplir le pèlerinage ». Dans les deux cas, il a subordonné l’obligation du pèlerinage ; et, malgré cela