Etant donné que la wāw jouait le rôle de particule de substitution, ils ne l’ont employée qu’avec un nom explicite et n’ont pas, avec elle, fait apparaître le verbe. Puis ils ont remplacé la wāw par la tāʾ dans le seul Nom d’Allâh ; il a même été rapporté qu’ils disaient : « tarabbi l-Kaʿbah » – « Par le Seigneur de la Kaʿba ».
Voilà, et tout ce qui y ressemble, relève des questions que les grammairiens abordent à propos des outils du serment. Cependant, les musulmans sont unanimes à reconnaître que la règle juridique du yamin mentionnée dans le Livre d’Allâh et dans la Sunna de Son Messager n’est pas limitée aux cas où ces particules apparaissent ; le serment peut tout à fait se présenter sous la forme d’une phrase nominale, comme dans la parole du Très-Haut :
« Par ta vie ! certes, ils se débattent, aveuglés dans leur égarement. » (al-Ḥijr, 72)
De même, dans le ḥadith :
« Par la vie de ton Seigneur ! »
Et, dans les deux Ṣaḥīḥ, dans le récit de la calomnie rapporté par ʿÂʾisha – qu’Allâh l’agrée –, il est rapporté que Saʿd b. ʿUbâda et Usayd b
(1) Rapporté par Ibn Abī ʿĀṣim dans al-Sunnah (1/286), par Abū Dāwūd (n° 3266) et par ʿAbd Allāh b. l-Imām Aḥmad dans Zawā’id al-Musnad (26/121), ainsi que par d’autres à partir du ḥadīth de Laqīṭ b. ʿĀmir – qu’Allah l’agrée. Sa chaîne est jugée authentique par al-Ḥākim dans al-Mustadrak (4/605) et al-Ḏhahabī commente : « Yaʿqūb b. Muḥammad b. ʿĪsā al-Zuhrī est faible ». Al-Haythamī (al-Majmaʿ, 10/340) note que ʿAbd Allāh et al-Ṭabarānī le rapportent de façon analogue : l’un des deux isnād via ʿAbd Allāh est muttasil et composé de rijāl thiqāt ; l’autre chaîne, ainsi que celle d’al-Ṭabarānī, est mursal sur ʿĀṣim b. Laqīṭ. Ibn Taymiyya, dans Bayān Talbīs al-Jahmiyya (7/46), rapporte une version étendue transmise par Abū Bakr b. Khuzayma (Kitāb al-Tawḥīd, 2/460), qui n’admet que les ḥadīth établis, avant d’en citer le texte. Selon Ibn al-Qayyim (Ḥādī al-arwāḥ, 1/528), le ḥadīth d’Abū Razīn évoqué par al-Bukhārī est son récit long : il le présente intégralement « pour orner notre ouvrage », soulignant en lui « majesté, crainte et lumière de la prophétie » attestant sa validité, puis le qualifie de « grand ḥadīth célèbre ». Voir aussi Zad al-Maʿād (3/673) et Mukhtaṣar al-Sawāʾiq al-Mursalā (3/1183). Enfin, Ibn Kathīr (al-Bidāya wa-l-Nihāya, 7/339 ; cf. 19/354) le juge « très étrange, certains termes étant incongrus ».