Al-Radd ʿalā al-SubkīIbn Taimiya

Ils ont exprimé cela en maints passages, et ils sont les dépositaires de la langue dans laquelle le Coran fut révélé ; jamais personne ne les a contredits en soutenant qu’une telle formule ne puisse être qualifiée de serment.

Cinquièmement :
Qualifier ces suspensions de « serments » relève de l’usage des Compagnons — qu’Allāh les agrée — et des Successeurs, ainsi qu’il a déjà été rapporté d’eux ; c’est même l’usage du Messager d’Allāh — paix et bénédictions sur lui — de ses Compagnons, des Successeurs et de ceux qui leur ont succédé, génération après génération au sein de la communauté. On ne connaît aucun des Pieux Prédécesseurs qui ait nié l’appellation de « serment » pour ces formules ; c’est là la preuve la plus décisive qu’elles constituent bel et bien des serments, en langue comme en droit.

Sixièmement :
Si l’emploi du terme « serment » pour ces suspensions est avéré chez les Compagnons, les Successeurs et ceux qui vinrent après eux, alors, s’il ne s’agissait pas réellement de serments, il faudrait admettre une altération et un déplacement de la langue ; or, le principe veut que la langue demeure stable et confirmée, non qu’elle soit détournée ou changée (1).

Septièmement :
Ces suspensions sont qualifiées de « serments » par l’accord unanime de tous ; s’il n’en allait pas ainsi, il faudrait recourir soit à l’usage figuré, soit au transfert sémantique, deux hypothèses contraires au principe.

Huitièmement :
Établi que le terme « serment » s’emploie pour ces suspensions comme il s’emploie pour la formule de serment explicite, dont le sens est analogue, trois issues seulement se présentent : soit le mot est pris au sens propre dans l’un des deux cas et au sens figuré dans l’autre, soit il est pris au sens propre dans ce qui est propre à chacun d’eux, soit enfin il est pris au sens propre dans le concept commun qui les réunit. La première hypothèse implique le recours à la métaphore, la seconde aboutit à une polysémie purement lexicale, et la troisième conduit à l’univocité, excluant à la fois la métaphore et la polysémie (2).

(1) Majmūʿ al-Fatāwā, t. 20, p. 244 ; t. 29, p. 16 ; al-Fatāwā al-Kubrā, t. 4, p. 12 ; t. 6, pp. 234, 269 ; al-Qawāʿid al-Kulliyya, p. 211 ; Ad-Dirāsāt al-Lughawiyya wa-n-Naḥwiyya fī Muʾallafāt Ibn Taymiyya, p. 74. (2) Majmūʿ al-Fatāwā, t. 7, p. 108 ; al-Jawāb aṣ-Ṣaḥīḥ, t. 3, p. 199 ; al-Īmān, p. 90.
بذلك في غير موضع، وهم أهل اللغة التي بها نزل القرآن، ولم ينازعهم أحد في أن هذا لا يسمى يمينًا. الوجه الخامس: أَنَّ تسمية هذه أيمانًا هو لغة الصحابة - رضي الله عنهم - والتابعين، كما تقدم النقل عنهم بذلك، بل هو لغة رسول الله - صلى الله عليه وسلم - وأصحابه والتابعين ومن بعدهم من الأمة قرنًا فقرنًا، ولم يُعرف عن أحد من السلف أنه نَفَى تسمية هذه أيمانًا، وهذا أبلغ ما يكون من أنها أيمان في اللغة والشرع. السادس: أنه إذا ثبت استعمال الصحابة والتابعين ومن بعدهم لاسم اليمين في هذه التعليقات، فلو لم [٢٥٠/ ب] تكن أيمانًا للزم النقل والتغير على اللغة، والأصل بقاء اللغة وتقريرها لا نقلها وتغيرها (١) . السابع: أَنَّ هذه التعليقات تسمى أيمانًا باتفاق الناس كلهم، فلو لم تكن أيمانًا لزم المجاز أو النقل، وكلاهما خلاف الأصل. الثامن: أَنَّه إذا ثبت استعمال اسم الأيمان في هذه التعليقات، واستعمالها في لفظ القسم الذي يشبه معناه معنى هذه التعليقات؛ فلا يخلو: إما أَنْ تجعل حقيقةً في أحدهما مجازًا في الآخر، أو حقيقة في ما يختص بكل منهما، أو حقيقة في القَدْرِ المشترك بينهما؛ والأول يلزم منه المجاز، والثاني يلزم منه الاشتراك اللفظي، والثالث يلزم منه التواطؤ ونفي المجاز والاشتراكِ اللفظي (٢) .
(١) مجموع الفتاوى (٢٠/ ٢٤٤) (٢٩/ ١٦)، الفتاوى الكبرى (٤/ ١٢) (٦/ ٢٣٤، ٢٦٩)، القواعد الكلية (ص ٢١١)، الدراسات اللغوية والنحوية في مؤلفات ابن تيمية (ص ٧٤). (٢) مجموع الفتاوى (٧/ ١٠٨)، الجواب الصحيح (٣/ ١٩٩)، الإيمان (ص ٩٠).

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