Troisièmement :
On dira : à supposer que, pour l’affranchissement, tu te sois livré à cette construction sophistique et viciée, que feras-tu donc du vœu — qu’il soit immédiat ou conditionnel — lorsqu’il n’est pas motivé par l’intention de se rapprocher d’Allâh ?
Car tu t’es interrogé et tu as déclaré : il s’ensuit, pour toi, que cet engagement n’a pas pris effet, sans fournir la moindre réponse à ce sujet ; tu t’es borné à dire : « Quant au second… », incapable d’élaborer (1) une réplique.
Quatrièmement :
On dira encore : si, selon toi, l’affranchissement devient obligatoire lorsqu’il est subordonné à une condition, que l’auteur ait visé par sa formule un serment ou l’exécution immédiate, et si tu l’as distingué du divorce en suivant Abû Thawr — or Abû Thawr distingue, lui aussi, ces autres cas du divorce —, alors, si réellement tu le suis, tu dois soutenir que, pour ces mêmes cas, l’intention de dévotion est exigée, tout comme tu as prétendu qu’Abû Thawr l’a exigée dans l’affranchissement.
Plus étonnant encore : pour toi, l’intention de se rapprocher est un empêchement à l’obligation, tandis qu’Abû Thawr rend l’affranchissement et les vœux d’obéissance obligatoires, à l’exclusion du divorce. S’il fonde son avis sur l’absence d’intention de proximité, il en résulte que c’est précisément cette absence qui impose l’accomplissement ; dès lors, ce qui n’est pas voulu comme acte de rapprochement doit être exécuté, et ce qui est voulu comme tel n’a pas à l’être. C’est là l’exact contraire de ce que tu soutiens.
Cette conséquence ne l’a atteint que parce qu’il s’est appuyé sur la parole d’Abû Thawr, laquelle contredit la sienne plutôt qu’elle ne l’approuve ; il ne partage avec lui que l’apparence de la distinction entre l’affranchissement et les autres cas.
De plus, il a prétendu que l’affranchissement recèle deux aspects (2) : un droit appartenant au Créateur et un droit appartenant aux créatures, et il a fait de cette dualité le critère distinctif au cas où il ne rejoindrait pas Abû Thawr. Or cette dualité se retrouve pareillement dans les vœux de charité, d’offrande sacrificielle et autres, où coexistent deux droits : un droit d’Allâh et un droit des serviteurs.