Je ferai l’aumône de cent dirhams, si Allāh le veut : rien ne lui incombe, car il s’agit de serments, lesquels entrent dans la portée de la parole :
« Quiconque prête serment puis dit : “Si Allāh le veut”, n’encourt pas de parjure. » (1)(2)
[247/b]
Quant à celui de ses compagnons qui a soutenu qu’aucune exception n’existe dans le ẓihār, il a déclaré : « Parce qu’il s’agit de l’instauration d’une interdiction, il est assimilé aux autres contrats qu’il instaure, tels le divorce et l’affranchissement, à la différence du serment. »
En effet, lorsqu’un homme prête serment au sujet d’un acte et ajoute : « Si Allāh le veut », il suspend cet acte à la Volonté (3). Si l’acte se réalise, nous savons qu’Allāh l’a voulu et il est véridique dans son serment ; s’il ne se réalise pas, nous savons qu’Allāh — Très-haut — ne l’a pas voulu, la condition n’ayant pas été remplie, et il n’a donc pas commis de parjure ; car tout ce qu’Allāh veut advient, et ce qu’Il ne veut pas n’advient pas.
Il en va autrement de la formule : « Tu es répudiée, si Allāh le veut », car Allāh — glorifié soit-Il — a voulu que les jugements prennent effet dès que leurs causes existent, et le divorce ne se produit que par la prononciation de l’époux.
Ainsi, s’il entend par son « si Allāh le veut » que le divorce s’opère par ces mots mêmes, il ne fait aucun doute qu’Allāh l’a voulu dès l’instant où il les a prononcés. Mais s’il entend qu’il survienne autrement, il ne peut se réaliser qu’à condition qu’il le prononce lui-même.
Le sens de sa parole serait alors : « Tu es répudiée, si Allāh veut que je te répudie par la suite, alors tu seras répudiée. » S’il avait réellement cette intention, aucun divorce ne surviendrait par cette seule formulation ; toutefois, il se peut qu’il vise, par cette suspension, à empêcher que le divorce ne produise effet.
Ainsi, son énoncé : « Tu es répudiée, si Allāh le veut », alors que la Volonté d’Allāh quant au divorce est inconcevable sans la prononciation de l’époux — car, lorsqu’Il le veut, Il fait de l’époux celui qui le met à exécution —, renvoie au cas du divorce subordonné à une condition impossible : empêche-t-elle sa survenance, ou celui-ci se produit-il tout de même, la condition étant écartée ?
Quant à l’opinion de certains juristes selon laquelle il l’a subordonné à la volonté d’un Être dont la volonté n’est pas connue, cela