Une autre transmission rapporte qu’il déclara :
« Comment un homme peut-il dire : “Ils sont unanimes” ?! Chaque fois que tu les entends affirmer : “Il y a consensus”, mets-les en cause. S’il disait plutôt : “Je n’ai pas connaissance de contradicteur”, cela serait permis. » (1)
De même, Abû Ṭâlib rapporte qu’il a dit :
« C’est un mensonge ; d’où tient-il que les gens sont unanimes ? Qu’il dise plutôt : “Je n’y connais aucune divergence”, c’est meilleur que de dire : “Le consensus des gens”. »
Abû l-Hârith rapporte aussi ceci de lui :
« Il ne convient à personne de revendiquer le consensus ; il se peut que les gens aient divergé. » (2)
Ainsi, Aḥmad et ceux qui suivent sa méthodologie affirment :
« Quiconque prétend le consensus dans une telle affaire ment ; comment sait-il que les gens sont unanimes ? Qu’il dise plutôt : “Je ne connais pas d’opposant.” »
Or le fait de ne pas connaître d’opposant n’abroge nullement ce qu’Allâh et Son Messager ont clairement exposé dans le Livre et dans la Sunnah de preuves manifestes, tant dans la lettre que dans le sens.
Dès lors, lorsqu’il constate cela, il poursuit ses recherches jusqu’à s’apercevoir que l’affaire dans laquelle on allègue un consensus se limite à une nuance ayant un effet juridique, nuance qu’Allâh et Son Messager ont effectivement précisée. Autrement, il découvre qu’il existe bel et bien une divergence qui invalide le consensus prétendu ; il revient alors au Livre et à la Sunnah. En fonction de l’étendue de sa science des indications textuelles et conceptuelles du Livre et de la Sunnah, ainsi que de sa certitude quant à l’absence de divergence, il donnera la prépondérance à l’un des deux avis : si la preuve scripturaire lui paraît plus forte que la présomption d’absence de divergence, il la privilégie ; mais si la présomption d’absence de divergence lui paraît plus forte que la preuve tirée du Livre et de la Sunnah concernant cette question, le consensus supposé l’emportera – comme ce fut le cas pour Abû Thawr et Ibn Jarîr.