Et Aḥmad avait coutume de dire :
« Quiconque prétend l’existence d’un consensus a menti ; comment peut-il savoir que les gens se sont tous accordés ? » (1)
Par cette parole, il entendait repousser ce qu’on lui rapportait d’Abû Thawr et de ceux qui lui ressemblent en matière de prétendus consensus, car certains de ses compagnons l’interrogeaient au sujet de diverses opinions qu’Abû Thawr émettait (2).
Abû Thawr, pour sa part, était un imâm, un mujtahid, un jurisconsulte ; il était le plus savant des habitants de Bagdad – ou l’un des plus savants après Aḥmad – et Aḥmad le désignait souvent pour les avis juridiques, disant au questionneur :
« Interroge les fuqahâ’, interroge Abû Thawr. »
Il disait encore :
« Il est dans la peau d’Ath-Thawrî. » (3)
Il lui arrivait toutefois de le désapprouver lorsqu’il constatait qu’il avait émis des propos innovés, comme son avis concernant les Mazdéens, selon lequel il serait permis d’épouser leurs femmes et de manger leurs bêtes abattues (4).
Il allait même parfois jusqu’à dire :
« Abû Thawr est à l’image de son nom. » (5)